Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Archives pour 5 mars 2007
Chanel : N° 5
5/03/07
Nez Bavard s’attaque aujourd’hui à l’un des plus grands succès de tous les temps en parfumerie : le N° 5 de Chanel. Il me fallait en effet analyser ce parfum et décrire les impressions qu’il provoquait chez moi. Je pense avoir assez attendu et l’avoir essayé assez de fois pour m’être fait une opinion à la fois subjective et raisonnée sur ce parfum. Je dois confesser que je l’ai, pendant un moment, vraiment détesté. Enervant, c’est tout ce qu’il m’inspirait. Puis j’ai lu à son sujet, vu quelques visuels (mon préféré étant sans appel celui de Carole Bouquet), ai pu profiter du battage marketing prodigieusement lourd dont il fait l’objet actuellement, et puis je l’ai réessayé. 1 fois, 2 fois… Tout en continuant mes investigations.
Ce parfum a été créé en 1921 par Ernest Beaux sur la commande de Gabrielle (Coco) Chanel. L’oeuvre de Coco Chanel est caractérisée par sa volonté de libérer la femme des conventions romantiques du XIXe siècle. Plus de corsets, de cheveux longs… Chanel recherche la simplicité et l’élégance : des lignes épurées harmonieuses, des couleurs neutres (noir, blanc, beige, or), avec une touche de fantaisie : les accessoires. Le flacon du N°5 qu’elle a dessiné elle-même est un bon exemple : particulièrement épuré, il est en rupture totale avec les flacons très travaillés de l’époque. Coco Chanel désirait un parfum en accord avec sa mode, elle a eu l’audace de lancer un parfum sous son nom alors qu’à l’époque, la parfumerie et le monde
des créateurs étaient deux univers distincts.
« Je veux un parfum artificiel, je dis bien artificiel, comme une robe, c’est à dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. Je ne veux pas de parfum à odeur de rose, de muguet, je veux qu’il soit composé. [...] Un parfum de femme, à odeur de femme. Car une femme doit sentir la femme, et non la rose. » Coco Chanel
L’originalité du N°5, toujours d’actualité aujourd’hui, tient au fait que le bouquet floral qui le compose a été rendu abstrait par des molécules de synthèse appellées aldéhydes. Elles ont la propriété d’apporter volume, tenue et puissance au parfum. Leur odeur seule est très forte, verte et incisive. En 1921 leur utilisation était très peu répandue, il s’agissait donc d’un pari audacieux. Dans la composition du parfum elle apporte en plus de la tenue et de la puissance, des facettes nouvelles et mystérieuses aux composants. Le N°5 est composé comme suit : T : Aldéhydes/Bergamote/Citron/Néroli ; C : Jasmin/Rose/Muguet/Iris ; F : Vétiver/Santal/Vanille/Ambre.
Son succès est incontestable depuis sa création, il s’agit sûrement du parfum le plus vendu au monde. Il véhicule l’image d’une femme libérée, élégante et sensuelle. En 1954, lorsqu’un journaliste demanda à Marylin Monroe : « Que portez-vous pour dormir? », celle-ci répondit : « Quelques gouttes de N°5″ Cette réponse charmante et naïve a sans nul doute participé à la construction du mythe Chanel N°5. Par la suite les plus belles femmes du monde ont posé pour ce parfum : Catherine
Deneuve, Carole Bouquet… Le nom du parfum serait dû au fait qu’Ernest Beaux aurait présenté à Gabrielle Chanel deux séries d’échantillons numérotés : de 1 à 5 et de 20 à 24. Celle-ci aurait préféré le 5e et comme elle lançait sa collection le 5 mai (cinquième mois de l’année) elle aurait souhaité lui laisser son numéro : « Ce numéro 5 lui portera chance. » Ce choix est sans nul doute un coup de maître car il attise la curiosité et ne suggère pas d’a priori.
En ce qui concerne son odeur en elle-même, elle est justement assez difficile à définir. Cette impression est peut-être psychologique, mais il faut avouer que le N°5 ne rappelle pas de fleur ou de matière première en particulier. Il est entier et incisif. Pour ma part, je n’aime pas du tout sa tête. Tranchante, acide, incisive à cause des aldéhydes, elle m’énerve et je dois éviter de sentir mes poignets pendant les 20 premières minutes, sous peine de faire la grimace. Mais j’ai appris par la suite à vraiment aimer ce parfum. Il est intensément brillant et élancé, et découvre un coeur à la fois chaud, légèrement poudré, et aérien. Il m’étonne, car je le trouve audacieux, encore aujourd’hui. Il garde un côté saillant tout le long de son évolution,
mais développe au fur et à mesure une densité crèmeuse et dorée réellement grisante. Ce parfum se projette en avant et a aussi un merveilleux sillage. Passé l’aspect un peu désagréable de la tête, il s’installe dans son rythme de croisière : ni trop entêtant, ni trop pâle. Son jus est d’un jaune ambré intense, le porter me donne la sensation d’être parée, brillante et de dégager une aura lumineuse. Je ne sais pas si je le porterai un jour. Il est de toute façon assez intemporel et peut être porté à tout âge, même par les jeunes filles.
Chanel N°5, l’éternel féminin…
Sources : Wikipedia, Chanel.fr