Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Yves Saint-Laurent : Rive Gauche
Nez Bavard visite les classiques en ce moment. En effet, dans un souci d’éducation olfactive et de mise à jour de ma base de données, je m’applique depuis quelque temps à sentir et à découvrir (ou redécouvrir) des grands classiques de la parfumerie. Ce qui fait beaucoup de travail et d’évaluations à faire ! Le N°5 et Cristalle de Chanel ont déjà été critiqués, aujourd’hui j’ai choisi Rive Gauche d’ Yves Saint-Laurent. Rive Gauche, créé en 1971, m’a immédiatement fait penser, lorsque je l’ai senti, à une belle femme à la peau blanche, au rouge à lèvres rouge carmin et chapeau en feutre noir. Cela fait un peu penser à Blanche-Neige mais ce n’est pas exactement là où je veux en venir… Rive Gauche dégage l’élégance avec une parfaite maîtrise. C’est la touche Yves Saint-Laurent, celle devant laquelle on ne peut que s’incliner. Son odeur est classique mais vraiment séduisante. C’est l’un des parfums pour lequel j’ai le plus d’images « clichés » en tête : c’est, pour moi, un parfum parisien, pour une femme de 30 à 35 ans, le genre femme d’affaires indépendante et terriblement chic. Je n’étais pourtant pas née lorsque ce parfum est sorti, je n’ai donc pas connu son lancement et n’ai quasiment jamais vu ses visuels. Mais en cherchant, c’est effectivement à ce type de clientèle que ce parfum était destiné : une femme citadine habillée d’un beau rouge et de collants noirs.
Mais j’ai connu l’empreinte Rive Gauche par le biais de ma maman, et bien que je n’ai aucun souvenir qu’elle l’ait porté un jour, je me souviens très nettement qu’elle avait dans ses produits de maquillage un petit tube bleu dur de la ligne Rive Gauche d’ Yves Saint-Laurent. Le rouge était d’une couleur sublime et sentait d’ailleurs fichtrement bon… Je pense que c’est pour cela que j’ai du mal à me défaire de cette impression d’un parfum urbain pour une femme affirmée. Quand je recherche d’autres évocations, j’en reviens toujours plus ou moins à cette notion d’élégance : comme vêtement, ce serait un superbe manteau en fourrure, comme accessoire, ce serait une paire de lunettes de soleil noires.
Son odeur est assez abstraite, comme le N°5, c’est un fleuri aldéhydé. Les fleurs sont pour mon nez assez difficilement détectables, il forme pour moi un tout, un ensemble harmonieux et travaillé. Il se compose de : Aldéhydes, citron, bergamote, feuilles vertes / Rose, jasmin, gardénia, chèvrefeuille / Vétiver, fève tonka, santal, mousse de chêne.
Ce parfum est avec Paris, le deuxième parfum d’ Yves Saint Laurent qui soit inspiré par la ville de Paris. Il y a derrière ces créations une symbolique toute particulière qui me touche et que je comprends bien, pour moi qui aime cette ville de manière inconsidérée.
Sources : OsmoZ, Images de Parfums
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Poivrebleu le 25 mars 2007 à 20 h 54 min, et placée dans Fleuri. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |



about 2 years ago
Rive gauche m’a ouvert le monde des parfums. J’étais adolescente et j’accompagnais ma grande soeur qui a onze ans de plus que moi. Elle avait décidé de s’offrir un parfum et a opté pour Rive gauche. L’image de l’élégance, de la distinction, ce petit plus que vous offre le parfum, j’ignorais que cela existait. Je me souviens du commentaire de la vendeuse, qui parlait d’un parfum poivré. Je crois que l’adjectif ajoutait ce petit plus qu’on recherche toujours dans un parfum, l’illusion de quelque chose d’unique: se parfumer avec du poivre… Curieusement, ne me reste aucune trace olfactive, mais l’image très forte, cliquante de ce flacon bleu et noir, qui claquait comme une silhouette en talons aiguilles, terriblement féminin et plein d’assurance. Un parfum d’armure et de guerrière, ce qui n’aura jamais été un chemin pour moi, mais qui reste un phare très fort dans l’imagination enfantine du parfum.
about 2 years ago
Moustique, vous avez une très belle interprétation de ce parfum. C’est amusant que vous arriviez si bien à décrire l’impression qu’il vous laissait sans vous en souvenir olfactivement parlant… Je pense que si vous le resentiez vous le reconnaîtriez sans nul doute du premier coup…
about 1 year ago
Vous avez oublié de dire que ce parfum a complètement changé sa formule et n’existe plus! Du moins, plus tel qu’il l’était jusqu’aux années 80. Frais, métallique, classique et raffiné, c’est ça le vrai Rive Gauche, c’est la senteur des belles dames raffinées et élégantes de Paris. Un peu distantes, ces femmes Parisiennes sont celles qu’on remarque et qui vous font tourner la tête et vous perdre dans leur sillage magnétique, floral et envoûtant. C’est un parfum frois et éthéré, l’allure captivante et le détachement haute-classe d’une star embouteillés, et dont une simple inhalation vous transporte hors du temps, dans l’univers magique de vos souvenirs les plus chers de Paris. Rive Gauche, c’était le luxe par excellence!
Et pourtant la nouvelle formule en est si différente, si malodorante, qu’ils auraient dû enterrer Rive Gauche pour toujours plutôt que d’éffectuer ce sacrilège insensé! C’est comme ‘derraciner » la Tour Eiffel, un affront anti-Parisien qu’on ne pardonne pas! Mes condoléances a Paris!
about 1 year ago
Bonjour Eva,
Je n’ai pas oublié que Rive Gauche avait été reformulé. Or, comme je n’ai pas analysé une version vintage (en tout cas, je ne pouvais pas la dater précisément), j’ai préféré parler de ce parfum, de son univers et de mon ressenti ! Mais je comprends bien votre frustration et votre incompréhension par rapport à la lourde perte que représente cette reformulation. Nous n’avons malheureusement, à notre niveau de consommateurs, que peu de poids… Dans le même univers olfactif, je vous conseillerai Calandre de Paco Rabanne qui a lui aussi une touche métallique-aldéhydée caractéristique.
about 1 year ago
Ah j’en ai entendu parler de Calandre. Peut-être un jour. Merci de votre réponse.
about 1 year ago
Je confirme : je ne reconnais plus « Rive Gauche » qui a complètement changé; en revanche, « Calandre » ( du même « nez ») est resté superbe… malheureusement, on parle de sa disparition prochaine! J’enrage.