Billet Rose/Rose Post II
Nez Bavard vous invite aujourd’hui à découvrir la rose Paul Lédé et Joy de Jean Patou.
La Rose du Jour : Paul Lédé
Un rose piquante et sympathique, au parfum présent. Ses grands et nombreux pétales sont cornés et finissent souvent en pointe. Les pétales les plus à l’extérieur sont jaune-beige, tandis qu’au centre ils sont rose thé. Le contraste des deux est particulièrement appréciable, et Paul Lédé fait très bon effet dans un bouquet. Son parfum est présent mais pas agressif ou entêtant, il est assez fluet pour se faire oublier, mais il continue de déployer ses charmes dans toutes les pièces où il se trouve. Je dirais qu’il sent le thé au jasmin avec un petit voile poudré. Ses fleurs sont très décoratives, mais Paul Lédé ne se laisse pas approcher facilement, ses épines acérées vous rappelleront très vite que votre enveloppe, pauvres mortels, n’est faite que d’une fine couche de peau tendre. A noter que dans la catégorie « griffe de lionne », la rose Albertine est d’une férocité sans égale.
Le Parfum du Jour : Joy de Jean Patou
Offert à ma maman il y a quelque temps, j’ai souvent l’occasion de sentir dans le creux de son cou l’effluve rosé-jasminé de
Joy. Pour la petite histoire Joy aurait été créé par Henri Alméras à la demande de Jean Patou qui souhaitait un « parfum-phare » pour sa maison. Créé en 1930, les premiers flacons de Joy auraient été offerts en cadeau aux plus riches femmes de Paris, pour les aider à surmonter le contrecoup de la crise boursière de 1929. La composition de ce parfum comprend essentiellement de la rose et du jasmin dans des proportions extravagantes : 10 600 fleurs de jasmin et 28 douzaines de roses sont nécéssaires pour réaliser 30 ml du précieux jus. La quantité de matières premières pour la compostion de Joy lui a valu un slogan assez surprenant : « Joy, le parfum le plus cher du monde! »
Joy est donc un concentré de fleurs. Compte tenu de la forte note animale du jasmin (surtout dans ces proportions) on obtient une rose charnue, carnée, opulente. Pour autant, ce parfum n’est pas agressif (sauf dans les 10 premières minutes), il possède un sillage persistant mais étonnament équilibré. Il est très agréable à sentir sur la peau : les premiers instants, je n’ai pu saisir que le jasmin ou plutôt : l’ylang-ylang et la tubéreuse, selon la description de la pyramide. Puis le coeur est vraiment un balancement entre la rose et le jasmin : absolu rose de mai, absolu jasmin de Grasse. On ne sait plus trop si on sent la rose ou le jasmin, ou le jasmin ou la rose… Le fond musqué assure le fini peau et la rondeur du parfum.
Sources : jeanpatou.com, escentual.co.uk (photo du flacon), Poivrebleu (photo de Paul Lédé)
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