Bien… après les émotions tom fordiennes, revenons-en à nos moutons. C’est d’ailleurs un bon moyen de résumer Après L’Ondée de Guerlain, un parfum bleu et blanc tout en douceur laineuse et en rondeurs douillettes. Créé par Jacques Guerlain tout comme L’Heure Bleue et Shalimar, on retrouve dans ce parfum la signature Guerlain, la fameuse guerlinade donc, même si selon certaines sources, elle n’aurait été créée qu’avec Shalimar. Je sens tout de même la présence d’une griffe dans ce parfum et je la trouve plus évidente à détecter dans celui-ci, même s’il est très léger, un peu sourd. Elle serait composée de baumes, d’iris et de vanille. L’iris domine fortement dans Après L’Ondée, ce qui donne au parfum un aspect limpide, transparent, tout en apportant sa belle note poudrée et en donnant une sensation de confort.

Sa composition : citron, bergamote, néroli, cassis, oeillet, violette, mimosa, santal, vanille, benjoin, iris, héliotrope. Les notes fraîches s’évaporent très vite, le coeur s’appuie sur une violette présente mais discrète (je n’aime pas beaucoup la violette), mais laisse assez vite place sur ma peau au fond laiteux, balsamique et poudré. Il me rappelle alors beaucoup L’Heure Bleue par le côté héliotrope et iris, deux composantes importantes de ces deux parfums. Mais je pousserai même la comparaison un peu plus loin, comme L’Heure Bleue, Après L’Ondée est un parfum-émotion, dans ces deux parfums Jacques Guerlain saisit un moment particulier à la manière des impressionnistes : on a la fraîcheur de l’air après la pluie, les odeurs mélangées du jardin mouillé qui s’évaporent par bouffées vaporeuses et humides. En ce sens, L’Heure Bleue en est une parfaite continuité, car il intensifie les sensations pour créer une autre émotion.

Après L’Ondée est un très joli parfum, mais je trouve qu’il a assez mal vieilli par rapport aux autres de la même époque. Il fait plus âgé, un peu figé, peut-être est-ce parce que son évolution est rapide et que l’on atteint le fond en très peu de temps. C’est un parfum que j’aime sentir pour le plaisir, juste pour le moment qu’il évoque, mais que je n’aimerai pas porter je pense. Ce parfum fut composé par Jacques Guerlain en 1906, celui qui créa L’Heure Bleue (1912), Mitsouko (1919), Shalimar (1925) et Vol de Nuit (1933). Trois de ces compositions font partie de mes favorites, il est celui qui a mon sens avait le sens créatif le plus inventif et le plus aiguisé, et puis quand on a créé Shalimar, on n’est pas n’importe qui. Ces fragrances ont celles qui ont le plus participé à la construction du mythe Guerlain, et méritent à mon sens une attention toute particulière : prenez le temps d’aller les redécouvrir, et de constater par vous même la façon dont elles se démarquent des autres Guerlain, tout en s’intégrant à l’ensemble pour créer cohésion et continuité.

Prochain et avant-dernier billet Guerlain pour Vol de Nuit à venir.

Sources : Wikipedia, guerlain.com, OsmoZ

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Chères Lectrices et Lecteurs de Poivre Bleu, j’ai la joie de vous annoncer la publication ci-dessus du 100e billet de Nez Bavard. J’espère que vous avez apprécié me suivre jusqu’ici et que vous me suivrez encore longtemps dans mes investigations parfumées.