Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Archives pour septembre, 2007
Atchoum!!
6/09/07
Nez Bavard est fort désolé, mais depuis quelques jours il passe plus de temps à se moucher qu’à sentir des parfums. Le baillon olfactif est de retour!!! J’aurais pu, en cette occasion faire un billet sur le Mouchoir de Monsieur de Guerlain, mais j’en suis parfaitement incapable! Alors je vais devoir patienter un peu avant de reprendre mes investigations… A très bientôt j’espère!
Guerlain : L’Heure Bleue
4/09/07
On commence cette série de billets par un coup de coeur survenu lors de mes premiers pas dans le monde du parfum.
L’Heure Bleue est le parfum qui m’a réellement introduite à la maison Guerlain, bien plus que Shalimar ; en effet, le mythe Guerlain s’est cristallisé pour moi autour de cette fragrance. Elle se démarque des autres à mon nez, sans que je sache exactement dire pourquoi et sans que cela m’empêche d’aimer les autres. Peut-être la clé de l’énigme se trouve-t-elle dans le nom du parfum?
Créé en 1912 par Jacques Guerlain, il se serait inspiré de ce moment particulier de la journée où le soleil disparaît à l’horizon et où la lumière imprègne l’atmosphère d’un voile bleuté et pénétrant. Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est que L’Heure Bleue transmet de l’émotion, n’est pas seulement un bel oriental poudré enveloppant… il a une profondeur pleine de mystère, il est doux, tendre et heureux. Pour moi il évoque surtout la façon dont on se sent à une seconde précise : c’est comme une photographie de la manière dont on perçoit les éléments autour de soi, la capture d’une ambiance. Cependant L’Heure Bleue est un parfum, il est émotion instantanée et éphémère par essence. La sensation de ne pouvoir fixer le sentiment et le moment a valu à L’Heure Bleue une réputation de parfum triste et mélancolique. Comme s’il rappellait trop durement des souvenirs perdus, des époques lointaines… C’est pour moi tout l’inverse que suggère ce parfum : réconfort, tendresse, calme ; il nous transporte dans ces épisodes de tranquillité sereine qui nous envahissent lorsque l’on regarde le ciel au crépuscule. Et où l’on sourit du coin des lèvres en repensant à tout un tas de choses plaisantes en écoutant une musique douce… Vous entendez ?? …
L’Heure Bleue est un long manteau, dont les pans veloutés frôlent vos jambes, carressent votre cou, effleurent vos bras… Son empreinte est exceptionnelle et évidemment unique, le sillage est souple et la tenue remarquable. J’adore son côté rétro (que l’on retrouve sur le flacon), qui rappellent l’époque des grands orientaux, ceux que l’on sait plus vraiment créer
maintenant parce que devenus « trop » classiques. Sur le plan olfactif, L’Heure Bleue est un oriental-floral composé de : bergamote, anis, estragon, sauge, clou de girofle, rose, fleur d’oranger, oeillet, héliotrope, iris, vanille, musc. La première giclée est légèrement médicinale, car la présence des aromates et du clou de girofle est marquée en tête. Cet aspect me plaît mais devient rapidement amandé-poudré avec l’héliotrope, puis poivré-vanillé lorsque le clou de girofle revient et que l’oeillet apparaît. Ce parfum est plus balsamique que poudré pour moi, même si on ne peut pas manquer de relever sa douceur. Il s’étire ensuite sur un interminable fond où s’entremêlent vanille, héliotrope, clou de girofle et oeillet (à noter que la note oeillet est obtenue à partir de l’eugénol, un des composants principal du clou de girofle).
Il a été injustement oublié et l’est encore aujourd’hui, au profit de Mitsouko et de Shalimar. Ce n’est peut être pas plus mal, car il est vrai qu’on le sent très peu aujourd’hui, et qu’il garde ainsi un peu de son précieux mystère. C’est mon Guerlain préféré et il est en bonne position dans mon Top 10 tout genres confondus. Malgré ce que l’on a pu lire ou entendre à la sortie d’Insolence, L’Heure Bleue n’a strictement rien à voir avec ce dernier, ni dans l’odeur, ni dans l’évocation, et n’avait nul besoin d’une absurde modernisation.
Voir aussi le billet de Now Smell This sur ce parfum (en anglais).
Prenez le temps pour découvir où redécouvrir ce parfum, disponible à la Boutique des Champs-Elysées.
87€ les 75ml en EDP.
Dessin de Paul Poiret.
Une semaine chez Guerlain
4/09/07
Nez Bavard vous propose en cette semaine de rentrée de lire une petite série de billets consacrés à Guerlain. Je sélectionnerai les parfums en fonction de mes goûts personnels pour tenter de donner un aperçu de ce qui a contribué à construire la réputation de cette maison. Shalimar qui a déjà été commenté sur Poivre Bleu aura droit à un billet de mise à jour pour tenter d’approfondir son succès. Nous verrons aussi comment depuis le rachat définitif de la maison par LVMH, la marque a pris un nouveau virage de son histoire.
J’éspère que cette semaine vous intéressera et que vous donnerez votre avis sur les parfums et les différentes interrogations que je me pose.