Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Archives pour septembre, 2008
Bond N°9 : Andy Warhol Lexington Avenue
19/09/08
Andy Warhol Lexington Avenue est la troisième collaboration de la marque new yorkaise Bond N°9 avec la Fondation Andy Warhol pour les Arts Visuels. Cette marque est la première de son genre a dédier tout son travail à une seule ville : New York. Entendant ainsi reconstituer l’ambiance des différents quartiers de cette immense ville cosmopolite grâce à ses eaux de parfums. Leur nouvel opus se situe au 242 Lexington Avenue, où Andy Warhol vécut à l’époque et où il fut contacté par le magasins de chaussures I. Miller pour réaliser des illustrations publicitaires de souliers. L’idée ici était de relier les 2 accessoires ultra-féminins que sont : le parfum et les souliers.
Ce parfum fut pour moi une surprise. Je ne connaissais que très peu cette marque et n’avait aucunement eu l’occasion de sentir les deux collaborations précédentes. Découvert les yeux fermés sans même prendre la peine de lire la construction, le premier sniff fut désagréable… Le deuxième fut attirant et le troisième ravissant. Je compris par la suite ma première impression due à la note de tête, une note boisée de cyprès fusant dès le premier accord.
La suite est une drôle de sucrerie, un mélange parfaitement inattendu entre des sensations sucrées (jamais en surdose et toujours en retrait) et d’autres plus fortes (bois, épices). L’évolution va ainsi par associations d’idées. Imaginez une cigarette allumée, fumant à côté d’un clou de girofle écrasé, et vous avez une odeur poignante et pénétrante. L’impression majeure restera celle de la fumée de feu de bois, une fumée dont l’odeur prégnante, irritante, imprègne vos vêtements et vos cheveux. Celle de Lexington Avenue est épicée (cardamome) et croustillante, de cette fumée vous gardez la présence évidente à chaque mouvement, elle vous suit comme un fantôme posé sur votre épaule et vous raconte des blagues dans le métro alors que tout le monde fait la tête…
Cette idée de fumée ne disparaîtra jamais vraiment, même si elle va prendre une autre dimension dans la suite de la composition, se faisant plus douce, résolument plus sucrée mais étrangement toujours avec quelque chose de tranchant. Par certains côtés, ce parfum m’évoque Dzongkha à cause de son univers enfumé et brumeux, mais là où Dzongkha évolue en brasier incandescent, Lexington Avenue évoque plus la chaleur d’un cake moelleux à la sortie du four. Il arrive alors un stade où l’image du bonbon se fait plus évidente, mais où les bonbons seraient en réalité des petits copeaux de bois secs sur lesquels se serait cristallisé du caramel… Malgré ces images hautement calorifiques, le parfum en lui-même n’a rien d’écoeurant ou de franchement sucré. Les bois sont en effet bien présent dès le coeur du parfum, le cyprès ne disparait jamais vraiment, et le patchouli se fait dense et dur.
Le fond est d’autant plus surprenant qu’il abandonne subitement tout ce qui caractérisait le parfum depuis le début. La fumée toujours présente se fait plus claire, plus blanche, plus vaporeuse. Le santal clôture l’ensemble avec ses accents de bois crémeux. Un parfum confortable, changeant, brumeux et rigolo parce que surprenant.
Disponible pour le moment uniquement aux Etats-Unis dans les boutiques newyorkaises, il est cependant possible de l’acheter sur internet sur le site de Bond N°9. 50 et 100 ml EDP, 135$ et 195$
Un dimanche à Chamerolles
9/09/08
Retrouvrer un instant son imagination d’enfant et se croire grand seigneur d’un temps lointain n’est pas si difficile qu’il y paraît. Dimanche dernier, je me suis rendue au château de Chamerolles, perdu dans une petite ville du Loiret, non loin de Pithiviers. Le lieu, propriété du Conseil Général du Loiret a été restauré en 1992 et est un petit bijou de finesse et d’authenticité. Ma tendance naturelle pour l’âge médiéval m’a fait aimer le bâtiment au premier coup d’oeil : douves, pont-levis, toits pointus turlututu… Nez Bavard a dû s’opposer à la pugnacité d’un brigand ivre et crasseux qui tentait de lui dérober sa fiole de potion, mais heureusement… Euh, non, non, pardon…
En réalité, il se tient actuellement au château une exposition dédiée aux parfums et aux secrets de beauté en Asie. La Chine, le Japon et l’Inde sont à l’honneur. Selon la région observée, plusieurs matières premières sont à disposition sur des mouillettes près des panneaux et permettent de recréer l’ambiance de chaque pays. Ainsi on débute le parcours par quelques effluves d’Osmanthus, doux et fondants. Au Japon vous succomberez pour un cèdre pur et un encens tranchant. Apprenez les recettes des Indiennes pour une peau de velours et des cheveux magnifiques, et enivrez-vous de rose, de jasmin et de frangipanier. L’exposition dans son ensemble est bien réalisée, les minuscules chaussures pour pieds mutilés des chinoises font froid dans le dos, et les flacons pittoresques ou raffinés qui sont présentés sauront vous faire parler. A voir donc. Mais attention, dernier jour d’exposition le 21 septembre !!
Prenez le temps ensuite de vous plonger dans l’exposition permanente du château, « La Promenade des parfums » dédiée à l’histoire de la parfumerie du XVIe au XXe siècle. Chaque siècle a une pièce qui lui est dédiée, avec une ambiance d’époque reconstituée pour le 16e, 17e et 18e. Le 19e et le 20e mettent ensuite en scène le développement et l’avènement de la parfumerie moderne. Les pièces du château sont absolument superbes, et il émane même de chacune une odeur unique, je retiendrai tout particulièrement la cuisine adjacente à la chambre du 16e qui dégageait un parfum d’herbe et d’huile essentielle vraiment incroyable. Je n’ai pas réussi à déterminer exactement de quoi il s’agissait, il vous faudra donc aller sur place pour savoir !
Plus de renseignements ici.
Photo par Poivre Bleu.
Rentrée des classes chez Poivre Bleu
2/09/08
Cette année, la rentrée est chargée au lycée Poivre Bleu. Plein de petits nouveaux viennent d’arriver et le proviseur Nez Bavard aura beaucoup de dossiers à examiner durant les 12 mois à venir, pour savoir qui aura le potentiel suffisant pour passer en classe supérieure. Mais chaque chose en son temps. Passons en revue les nouveaux arrivants.
Dans la classe cette année, nous avons :
Les frères ennemis, Play Edt et Play Edt Intense chez Givenchy, une version blanche et une version noire pour les Justins Timberlakes les plus branchés du moment qui ne quittent plus leurs flacons en forme de MP3. A quand la version
lecteur MP3 combiné au flacon ? Un boisé frais agréable mais sans grande originalité. Il en va de même pour son acolyte malheureusement. Pour faire face apparaît : Un beau gosse, qui vaut 1 million, rendez-vous compte! Chez Paco Rabanne, on n’aime pas les clichés : Brun, regard pénétrant, parfum envoûtant, que demander de plus… Le deuxième boisé frais de la liste, mais plus dans le type Very Irresistible pour Homme, pâtisserie à la menthe, donc bien plus sucré. Menthe, cannelle, sucres et épices. Beau gosse dont La femme fatale ne perd pas une miette. Elle est Magnifiiiiiiiique!!! C’est Lancôme, c’est nouveau, c’est rouge, c’est sexy. Un boisé cuiré qui aurait pu être intéressant, mais qui ne prend pas de réel parti et qui, j’en ai peur, ne tiendra pas ses promesses de renouveau. Mais la promotion ne serait pas au complet sans Beau gosse 2 : Le petit frère de Dior Homme mais en beaucoup moins bien, Dior Homme Sport n’a absolument rien de l’original, ni la classe, ni l’originalité, ni la finesse. Il ne s’entend pas des masses avec Beau gosse 1 vu qu’ils n’ont pas du tout le même style. Un hespéridé aromatique très décevant qui vient ternir un tableau jusqu’a présent assez bien mené entre une version Intense et une Cologne réussis.
Assise à côté de lui, Une pouf, maquillée comme une voiture volée, Secret Obsession de Calvin Klein nous en met plein les mirettes avec son lot de mauvais goût et son attirail clinquant. Une tubéreuse venimeuse et sucrée mais un peu ratée car tirant sur des accents de poire sans goût. Au troisième rang, Une jeune adolescente en crise, un peu banale, sucrée-fruitée qui suce encore son pouce le soir. Cette année elle compte faire sa révolution sexuelle alors elle s’appelle Amor Amor Tentation. Beau gosse 2 l’a repérée dès le premier jour et il ne fait nul doute qu’ils vont sortir ensemble ! A côté d’elle, La meilleure copine, B de Boucheron, mignonne mais pas vraiment plus intéressante que la première avec ses relents de gel douche. Un floral-boisé il est dit… sûrement, mais moi je vois pas. 
Sur l’estrade celle qui danse c’est La Tecktonicienne pur jus, plus originale et excentrique que les autres mais on ne sait pas encore trop où elle veut en venir à faire ses grands gestes dans tous les sens là… Ma Dame de Jean-Paul Gaultier : L’odeur est poudrée et fruitée mais me laisse une sensation d’inachevé, ce qui est dommage parce qu’elle n’est pas banale. Un Bel-Ami se tient fièrement sur sa chaise. Infusion d’Homme de Prada, c’est un personnage distingué, très séduisant mais discret, qui sait faire dans la finesse, pas comme beau-gosse 1 mais après tout, chacun son style. Un iris très bien exécuté que je préfère à la première
version, car moins cosmétique. Un peu plus loin, La belle brune habillée en noir, l’air de rien comme ça avec sa paire de lunettes sur le nez, mais qui a de jolis tours dans son sac. Jasmin Noir de Bulgari, une bien agréable surprise dans ce lot de banalités. Le floral boisé sera visiblement la règle pour commencer l’année scolaire, mais sur tous ceux sentis c’est le premier qui me fait l’effet d’un bois présent et délicat. Bien entendu il y a aussi Une fashion victim, plus girly girl tu meurs… My name is Guess and I’m pretty. Guess Woman se définit elle-même comme « hot, cool and sexy ». A-t-on vraiment besoin de savoir comment elle sent ? Pour protéger cette beauté ultime, il y a Robocop, niché dans son flacon chromé ultra moderne, version Kenzo Power 2.0 le tout ayant une odeur proprement… propre. Ah oui, et j’oubliais, il y a avec nous cette année Un homme aussi, mais un Homme de Guerlain, un bel homme viril et poilu avec son odeur fraîche qui finit par être vraiment lassante à la fin (un ex-beau gosse). On se demande bien ce qu’il fait là, mais c’est normal, ça fait 4 fois qu’il rate son bac,
cette année c’est peut-être la bonne. En tout cas on le lui souhaite…
Cette promotion est nombreuse, beaucoup de promesses mais l’impression générale est assez décevante. Encore une classe très agitée qui va faire beaucoup de bruit, embêter ses professeurs et empêcher les bons éléments de travailler. Mais les bonnes surprises comme Infusion d’Homme et Jasmin Noir ont tout de même de quoi nous ravir pendant une année qui s’annonce chargée.
Bonne rentrée à toutes et à tous!