Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Archives pour juin, 2009
IFRA 43 / Suite et Fin… ?
17/06/09
Ah voilà qu’elle en remet une couche !!
Oui, Nez Bavard en remet une couche, c’est vrai. Mais il me semble important de ne pas laisser ce sujet s’éteindre avec le temps, même si on en a déjà beaucoup débattu sur la blogosphère. Et puis j’ai promis à Thierry de répondre précisément à un commentaire qu’il avait laissé sur un précédent billet.
Depuis 2 mois, beaucoup de propos ont circulé et grâce à quelques blogs, notamment Grain de Musc qui se donne beaucoup de mal pour que l’information parvienne à tous, on en sait un peu plus sur les enjeux au coeur de cette industrie. Je vous encourage vivement à aller consulter la réponse qu’a donnée Stephen Weller (directeur de la communication de L’IFRA) à Denyse Beaulieu sur Grain de Musc ici et ici, mais aussi à lire la lettre adressée au magasine Perfumer and Flavorist. Pour finir : quelques éléments intéressants sur 1000 Fragrances ici et là. Beaucoup d’entre vous auront peut-être déjà lu ces interventions, mais pour ceux qui nous rejoignent, il est important d’en prendre connaissance avant de se faire un avis.

Jasmin d'Arabie - Jasminum Sambac
J’ai commencé par réagir de façon assez épidermique à la nouvelle, parce que j’avais peur pour la parfumerie et avec un sentiment d’injustice face à tout ce qui se tramait dans l’industrie. Quel poids les amateurs de parfums ont-ils ? Et doivent-ils se résoudre à n’en avoir aucun ? D’après les différents éclairages, il semblerait que la piste du complot des sociétés de matières premières soit à écarter du débat. Non, ce qui se démarque dans la lettre de Stephen Weller, c’est bien la pression politique des organes de régulation (Direction Générale « Santé et Protection des Consommateurs » et Comité Scientifique sur la Sécurité des Consommateurs), et la volonté de l’IFRA de trouver des solutions pour permettre aux matériaux de subsister dans la palette des parfumeurs (même si les quantités autorisées dans un produit fini s’en trouvent réduites). Certes, mais le problème reste entier. Le souci de préservation d’un patrimoine n’a pas germé une seule seconde dans la tête des décideurs et je suis persuadée que la pression des lobbys anti-parfums entre aussi en jeu. La psychose de l’environnement sécurisé, exempt de tout danger (et donc de tout risque de danger) continue de faire son chemin dans nos sociétés occidentales, presque à notre insu.
Aujourd’hui, je dirai que bien que je sois mieux informée, la situation me soulève encore le coeur, et je reste profondément déçue du manque de réactivité de l’industrie et des marques. Oui, la palette des parfumeurs s’enrichit avec la découverte de nouvelles molécules, mais non, je ne crois pas que faire disparaître la mousse de chêne et le jasmin de l’éventail de création soit une réussite pour la parfumerie moderne. J’aime les parfums, je suis portée par mon admiration et mon amour pour eux, comme d’autres sont portés par leurs convictions et leurs idéologies. Je n’ai pas envie de voir mourir à mes pieds des chefs d’oeuvre que l’on ne pourra pas recréer à l’avenir, même avec la meilleure volonté du monde. Je dis un grand OUI à la qualité, à la nouveauté, à l’envie des parfumeurs de continuer à créer. Mais je refuse de rester coite et d’approuver bêtement les choses parce qu’a priori je ne peux avoir aucune influence.
Nous ne sommes pas uniquement des êtres de chair et de sang, et les arts ont une importance capitale pour le bien-être de l’esprit et donc du corps. La beauté fait partie des choses dont nous ne pouvons nous passer, quelles que soient les formes qu’elle puisse prendre. Les parfums dégagent eux aussi leur beauté, je ne surprendrai personne en affirmant cela. Oui, mais à quel titre cette beauté est-elle reconnue ? Quelques événements prennent place dans le monde, comme les FiFi Awards aux Etats-Unis (prix décernés aux meilleures créations chaque année) ou le Prix Jasmin ici en France, mais leur portée reste limitée et il m’arrive de penser qu’il existe un décalage entre la réalité objective de la parfumerie aujourd’hui et ce qu’elle véhicule réellement. Même si je comprends qu’il faille subir les choses pour le moment, je ne désespère en aucun cas pas de voir les choses évoluer dans le bon sens pour la Parfumerie, c’est à dire de la voir clairement être reconnue comme un Art.
Je crois en effet qu’il faut rester positif, s’informer et continuer de faire la promotion d’une parfumerie de qualité avec les moyens qui sont à notre disposition. Je ne propose pas de solution miracle, et je ne peux pas à moi seule, renverser la vapeur. Mais c’est bien pour cela que je désire continuer à parler, à discuter et à susciter l’intêret et le questionnement. Toutes vos remarques et vos éclairages sur la situation seront les bienvenus.
Kenzo : Eau Indigo
16/06/09
Fichtre ! Encore une flaque d’eau en flacon… ou pas. Alors que L’Eau par Kenzo nous transportait en 1996 dans un univers aquatique souple et fin, dans sa version femme autant que dans sa version homme, les deux nouveaux flankers de cette dernière ont bien du mal à nous transporter de la même manière. Ces eaux n’ont rien de rafraîchissant et sont un exemple assez criant d’une belle incohérance sur le concept.
Depuis le succès incontestable de Flower By Kenzo sorti en 2000, la marque tente de se construire un univers et une image dans la lignée de ce parfum : cotonneux, enveloppant, rassurant, affectueux et hospitalier… Cela m’évoque une sorte de régression vers le sein maternel, un retour vers l’époque bénie ou nous ne vivions que de talc, de lait de toilette, de pyjama de coton et de peau douce de maman. Certes, cette analyse ne marche vraiment que pour la ligne femme de la maison. Car, à l’inverse, il me semble que les parfums homme de Kenzo même s’ils tournent, à peu de chose près, tous autour du gingembre et du vétiver, on du mal à se trouver une place parmi les concurrents et même au sein de la marque. Finalement, les créations pour femmes finissent toujours par prendre la même direction, un départ un peu lourd qui s’étire fatalement vers un fond poudré-crémeux. Quitte à perdre le patrimoine créé autour d’un parfum pré-Flower… C’est le cas ici avec L’eau Indigo qui plonge parfaitement dans ce cliché « cocooning » en tout cas pour la version femme.
L’eau Indigo pour Femme développe les notes de bergamote, mandarine, jasmin, fleur d’oranger, ylang-ylang, fève tonka et ambre. Le départ est très agréable, mais entre d’emblée dans une dimension cosmétique de crème pour bébé. La note poudrée et crémeuse ne cessera de s’intensifier au fur et à mesure de l’évolution. Le coeur poursuit la dimension cosmétique mais sur un terrain assez surprenant de savon et de mousse à raser, à tel point que le parfum finit par m’évoquer Le Mâle. Et puis brusquement, la chute survient, la mousse à raser se fait plus discrète et le fond laisse place à un fini poudré et propre de crème pour le corps. Au bout du compte, même si le parfum est agréable, on s’ennuie à mourir, on retrouve une énième fois des sensations déja explorées qui n’évoquent plus grand chose tellement elles ont été martelées. Il faut aussi préciser que je suis totalement partiale vis à vis des imitations cosmétiques qui n’ont rien à faire en parfumerie fine à mon goût, sauf quand elles sont maniées avec audace bien sûr. Malheureusement ici je n’ai pas d’autre sentiment qu’une impression de copier-coller bête et méchant qui transpire la facilité.
La version homme pourrait donner l’illusion d’une réussite, mais ça ne restera bien qu’une illusion. C’est surtout qu’à le sentir à côté de son pendant féminin, on a tout de même moins la sensation d’une arnaque caractérisée. Les notes développées sont (un peu comme prévu) : citron, gingembre, élémi, coriandre, vétiver, cèdre, ambre, ciste labdanum, et fève tonka. Que du beau monde ! Là encore, le départ est réussi, très citronné, pinçant, un peu piquant et pour le coup rafraîchissant grâce à un air lointain d’Eau de Cologne. On est déjà plus dans le registre de « l’eau ». L’entrée en matière est très agréable donc et redonne le sourire. Mais le sourire s’éteint très vite, car le coeur est anormalement sec et agressif comme une rafale de vent, sèche et pleine de poussière. Le gingembre pique et n’apporte plus de fraîcheur, l’ensemble se fait dissonnant. Les bois entrent en scène relativement tôt et l’évolution s’arrêtera là. Un poussée de départ trop rapide qui se clôt sur un boisé-propret.
Rien de bien folichon donc, pour ces flankers qui viennent alourdir les linéaires déjà surchargés. J’ai en outre trouvé que l’univers olfactif des deux parfums s’accordait assez mal avec la période de l’année, même s’ils sont présentés comme des parfums du soir.
Parfum, Reflet de votre Image chez Cinquième Sens
7/06/09
Faire correspondre le style vestimentaire et les couleurs avec un choix de parfum a-t-il un sens ?
C’est la question à laquelle le nouveau module de Cinquième Sens tentera de répondre, dont la première édition grand public aura lieu le 18 septembre.
Le 4 juin dernier, Sophie de My Blue Hour, moi-même et plusieurs autres (Michèle Gay notamment) avons été invitées à la présentation presse d’une nouvelle formation que Cinquième Sens a mis en place pour le grand public. Une formation pour les professionnels existait déjà depuis 2005. Elle travaillait sur la correspondance entre styles vestimentaires et parfums (Parfum, Personnalité, Image). Cette fois-ci, le module se veut plus accessible et intègre une nouvelle dimension dans la recherche de correspondances : la couleur. Aidé de IMAGE Claire, la formation : Parfum, Reflet de votre Image utilise différents outils pour approfondir la connaissance que l’on a de soi-même et ainsi pouvoir s’orienter olfactivement. Parmi eux se trouve la définition du style vestimentaire et des couleurs qui nous correspondent le mieux.
J’ai moi-même pu découvrir grâce à Claire Lemitre que mes couleurs se situaient dans les froids intenses et que mon style vestimentaire se trouvait entre le ludique et le créatif. Le verdict parfum a été assez concluant pour ma part puisque les parfums proposés pour mon profil correspondaient assez bien à mes véritables goûts personnels. Il ne s’agit pas bien sûr d’une science exacte, mais l’expérience est amusante, surtout lorsque l’on voit les éléments s’imbriquer et coïncider entre eux.
Pour assister à l’atelier (180 euros), s’adresser à Cindy Chiniah : cindy(at)cinquiemesens.com