Nous y voilà enfin! L’envie de calme et de volupté que me réclame mon esprit depuis des semaines m’a enfin décidée à vous faire partager cette série de billets que j’ai sous le coude facilement depuis 6 mois. Cette semaine sera placée pour vous sous le signe des muscs et plus précisément des muscs blancs chers lecteurs, puisque c’est à eux que nous sommes aujourd’hui majoritairement exposés. Comme vous l’apprendrez dans l’excellent dossier d’Auparfum sur les matières animales, le musc tonkin (d’origine animale donc) n’est aujourd’hui pas interdit bien que son utilisation soit relativement ponctuelle, et qu’il se soit largement fait voler la vedette par plusieurs de ses dérivés, dont le premier fut la Muscone (ou Muskone), découverte en 1906 par Walbaum. La Muscone fut la pionnière d’une importante série de molécules « musquées » appréciées des parfumeurs et des industriels pour plusieurs raisons : utilisés pour leurs propriétés de fixateur et de liant dans une composition, les muscs sont en effet des marathoniens de la tenue, en plus d’être d’une grande stabilité. Voilà pourquoi ils envahissent notre quotidien dans les moindre recoins depuis des années maintenant ! Shampoings, parfums, gels douche, déodorants, lessives, détergents, crèmes en tout genre, presque rien ne leur échappe ! Pourtant, nous continuons à leur vouer une admiration sans bornes.

Et avec raison ! Sans être des matières d’exception (bien que certaines coûtent très cher), ces produits offrent une large palette de nuances

CC Caleb Alvarado sur Flickr

olfactives : des notes fruitées, poudrées, boisées, animales, parfois vanillées sont à la disposition des créateurs. Depuis les premières découvertes, la palette a bien sûr évolué, certaines molécules ont disparu (majoritairement les muscs nitrés), d’autres ont fait leur apparition. Je ne saurais pas dire si c’est la présence de ces matières dans les produits que l’on côtoie depuis la naissance qui nous fait les aimer, ou si elles ont réellement un pouvoir particulier sur nos émotions et nos désirs, mais, en tout cas, il est clair que les muscs provoquent, pour bonne partie d’entre eux un effet de « J’y reviens », un réel pouvoir addictif.

Et c’est ce que nous allons décortiquer ensemble cette semaine, en passant en revue quelques-uns des muscs les plus célèbres du marché. Je vais tâcher de vous faire partager mon sentiment et mon avis bien sûr sur ces parfums. J’ai volontairement (et logiquement) choisi des créations qui portaient le nom « musc » dans leur titre. D’autres parfums auraient mérité d’y figurer mais je pars du principe que les parfums qui portent dans leur titre le nom « musc » s’appliquent à déployer toute la puissance de ceux-ci (les muscs) dans leur construction et s’affichent d’entrée de jeu comme des parfums relativement sensuels. Dans tous ceux que j’ai sélectionnés (et même ceux que j’ai mis de côté), quels que soient la communication ou le discours de la marque, on ne passe pas à côté d’un sensation d’enveloppement, une sensation de peau. Et une chose est sûre, c’est que les parfums musqués subliment et sont sublimés par la peau. Mais nous pourrons bien sûr discuter de cette sélection, et de cette appellation !

Une semaine pleine de muscs donc, de douceur, de rondeur, de sensualité parfois discrète, parfois déguisée, parfois affirmée. Une parenthèse de rondeur pour des notes pas si innocentes et proprettes que cela.