Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Fruité
Thierry Mugler : Le goût du parfum / Womanity
5/12/11
Pour vous faire partager nos coups de coeur de façon un peu plus originale que d’habitude, le Dr Jicky et moi-même, nous vous proposons une publication croisée pour cette collection plus originale que d’habitude elle aussi!
Je sais pas vous, mais perso, quand j’écris « Figue » sur un clavier d’ordinateur, et que je penche ma tête vers la gauche, je vois une sorte de boxeur qui fait du monocycle (en considérant le F comme la tête, le g comme les gants de boxe et le e comme la petite roue, si si je vous jure).
Et bizarrement, cette image correspond particulièrement bien à Womanity, transformé ici en « Chutney de Figues ». Coïncidence ? Je ne pense pas…
Car, je l’ai répété à divers endroits, mais avec sa série limité Le Goût du Parfum, Thierry Mugler vient de trouver un filon. Un vrai. Comme si le boxeur en monocycle avait trouvé l’équilibre sur un fil de funambule. Et pourtant c’était évident : le Goût ! Après le premier vrai gourmand, le premier vrai salé, obligatoirement, le maître du palais en flacon se devait d’être Mugler.
L’association entre la boxe et le monocycle décrit la magie même de Womanity Chutney de Figues : le parfum associe la violence, le combat et la force des points, ainsi que la grâce, l’élégance et la souplesse des jambes.
C’est pour cette raison qu’avec Miss Poivre Bleu, nous avons décidé de nous essayer à notre tour au sport tendance de cette fin d’année 2011 : la boxe en monocycle ! Adoptons la Figue attitude ! Les débuts sont difficiles, mais une fois le coup de main pris, le jeu en vaut la peine !
Alors que le paysage défile à une vitesse considérable, que nos jambes pédalent frénétiquement afin de garder un équilibre précaire, et que nos poings s’agitent en l’air comme pour atteindre une odeur qui nous échappe, Womanity Chutney de Figues nous dépasse aisément. Il n’en fallait pas plus pour nous motiver. Regard complice, tape synchro dans la main, « Eye of the Tiger » qui débute, et nos pieds qui pédalent pour rattraper la silhouette narquoise de Womanity Chutney de Figues (enfin… Narquoise, narquoise, certes, mais bigrement rapide aussi !).
Le départ a été réellement épicé, et a moins fait la part belle aux joies de l’océan, pas comme notre course avec le Womanity d’origine. Jeux de jambes, en un tour de mains, Womanity Chutney de Figues a réussi à nous faire oublier toutes les foutues nouveautés, qui en plus d’avoir encore les roulettes et les gants en mousse, préfèrent rester à la case Terre quand elles jouent à la marelle. Ces petits sucraillons, Womanity Chutney de Figues leur roule dessus (et nous, bonnes bourriques, on essaye juste de passer entre, mais finalement, le ménagement c’est pour les faibles).
Au cours de cette course effrénée, Womanity Chutney de Figues a laissé ça et là quelques indices quant à sa compréhension, et tout est limpide. Il ne faut pas se compliquer l’esprit à chercher une énième incarnation pour notre monocycliste toute de figue odorante. Elle se suffit à elle-même. Le Womanity ultime, c’est elle.
Hélas !!! [Trois fois Hélas], là où notre route se perpétue sur des kilomètres et des kilomètres, le petit sentier de Womanity Chutney de Figues s’arrêtera prochainement. Et c’est là que Nez Bavard et moi-même nous associons, et que de nos monocycles surgit un tandem ! Nous entreprenos ici la course associative pour la sauvegarde de Womanity Chutney de Figues dans la collection permanente, parce qu’abandonner une si belle création serait réellement dommage ! (et pareil pour Alien Caramel au Beurre Salé en passant !)
Rejoignez nous !
Et vive la boxe en monocycle !
Thierry Mugler : Angel Eau de Toilette
31/10/11
Commençons par une information de la plus haute importance : Je veux être Eva Mendes. C’est pas compliqué, débrouillez-vous, ce soir je vais me coucher, demain, quand je me lèverai, je serai Eva Mendes. La dernière fois, c’était à Jerry Hall que je voulais ressembler, mais bon, il faut vivre avec son temps n’est-ce pas ? Voilà, donc, partons du principe que ce point est acquis, maintenant on va peut-être pouvoir parler d’Angel Eau de Toilette.
Je ne reviendrai pas sur le thème du « C’est pas le bon parfumeur qu’on a choisi pour l’EDT », le débat a fait rage sur d’autres blogs que le mien. Je pense d’ailleurs que ce débat est stérile dans la mesure où tous les acteurs de l’industrie sont responsables du vide intersidéral qui continue de régner sur la « paternité » des formules en parfumerie.
En revanche, je m’exprimerai volontiers sur l’arrivée à point nommé de cette eau de toilette. Vous l’avez sûrement remarqué comme moi, mais aujourd’hui, lorsqu’un parfum est lancé en EDP, il faut attendre, disons, 1 à 2 ans maximum pour voir l’EDT suivre, comme une gentille petite soeur, qui effectuera son travail de remplissage de l’espace visuel et sonore (« Laissez-moi vous faire essayer la NOUVELLE Eau de Toilette de Bidule-Chose Madame! ») pour la marque, ayant l’excuse d’être une nouveauté. Le but étant de permettre aux clientes qui auraient découvert l’EDP mais n’auraient pas succombé, de retenter leur chance avec une version un peu différente, plus légère, généralement un peu plus propre et plus fraîche. J’ai personnellement plus de facilité à entendre ce discours lorsque les deux concentrations sont lancées en même temps. Mais dans ce monde gouverné par la nouveauté, on ne peut pas se permettre de rater une occasion de faire du bruit !
Sur le cas d’Angel néanmoins, il y a prescription. Attendre 19 ans pour sortir une nouvelle concentration (L’EDP est sortie en 1992), c’est tout de même autre chose. Cela dit, la manière dont la création de ce parfum a été abordée s’appuie sur une tendance sérieuse en parfumerie depuis 2 ans, et qui est celle de réinterpréter les classiques. Le but étant de faire redécouvrir aux fidèles et surtout aux jeunes générations ces classiques (avec le but sous-jacent de faire repartir l’ensemble de la ligne).
La démarche des parfums Thierry Mugler sur cet opus n’est donc pas d’une originalité renversante, mais elle est logique, vu la tendance. Et puis, peut-être ai-je été influencée lors de mes tests pour cet article, mais en ressentant la version EDP, j’ai eu la sensation qu’elle appartenait à une autre époque. Cette impression restera sûrement très personnelle, car quoi qu’on en dise, la référence qui vend le plus de flacons en France, et j’insiste sur le nombre de flacons, c’est bien Angel EDP (Oui, parce qu’en terme de CA, on le sait, c’est Dior avec son J’adore de malheur…).
Et alors, cette EDT, elle réinterprète bien ? Je vous répondrai qu’une de mes inquiétudes avec l’arrivée de ce lancement, était de voir l’originalité des parfums de la maison Mugler se perdre dans les marasmes de la facilité, et enfoncer la porte ouverte de la fraîcheur proprette et fruitée qu’on nous ressert encore et encore depuis… bah depuis J’adore justement ! Le résultat, c’est que cette EDT, concrètement, est moins originale que sa grande soeur… Mais, elle a le mérite de garder la signature Mugler dans ses veines, et surtout la signature et l’esprit d’Angel… ce qui n’a pas dû être évident à réussir non plus. La structure se retrouve dans la fraîcheur de la tête, le fruité du coeur et l’aspect plus riche et plus dense du fond. La différence, c’est que cette fois-ci, la luminosité est entrée dans la rondeur et a redéfini assez radicalement l’effet apporté par chaque matière (cette luminosité qui est une autre des grandes tendances de fond depuis 3 – 4 ans). Les agrumes et les fruits rouges prennent plus de place dans le corps du parfum, alors que la dimension chocolatée est carrément revue en sourdine, voire a quelque peu disparu. Elle s’exprime toujours grâce au patchouli, mais un patchouli frais, un peu liquide et translucide (sûrement le résultat d’une distillation fractionnée et l’utilisation d’isolats spécifiques). Un fond boisé moderne (bois ambré et légèrement sec) apporte le twist final à cette EDT lumineuse et scintillante. Et au passage, le flacon sublime parfaitement cette sensation. L’EDT est ainsi plus montante, plus fraîche, résolument plus actuelle, et donc peut-être un peu plus consensuelle.
Si Angel EDP évoquait les sucreries, le chocolat et le caramel, l’EDT me fait penser à ces bonbons acidulés qui piquent la langue et vous font saliver. Quoiqu’il en soit, moi je salive toujours dans l’attente d’un nouveau Mugler, et il faut bien le dire, peu, très peu de marques en parfumerie savent encore nous maintenir dans cette attente.
Thierry Mugler : Womanity – La facette sucrée
14/05/10
Le 5 mai dernier, Thierry d’Olfactorum, Sophie de My Blue Hour et moi-même avons pu découvrir Womanity et sa curieuse construction autour de la figue, du caviar et du bois de figuier. Pour vous offrir nos 3 visions tout en partageant à chaque fois quelque chose de différent avec vous, chacun de nos blogs vous présentera une facette du parfum. Le caviar (facette salée) ici, le bois (facette boisée) ici et la figue (facette sucrée) ici-même.
La maison Thierry Mugler est de ces maisons dont on attend avec une réelle impatience les lancements parfums. Elle est jeune, dynamique, inventive : de l’univers futuriste de son créateur, ses parfums ont retiré une dimension résolument moderne et ancrée dans la technologie. D’ailleurs, avant même de savoir si Womanity me plaisait, j’avais déjà une petite idée des qualités qu’il devrait présenter pour me convaincre :
- Une empreinte d’avant-garde dans l’habile utilisation de nouveaux matériaux « à effet », qui eux aussi peuvent être sublimés (On a vu l’exemple dans Alien avec le cashmeran, un bois de synthèse très velouté)
- Une sensation de qualité (texture, corps, rémanence).
- Un réel sentiment de nouveauté (A-t-on déjà senti cet assemblage autre part ?).
- Et une cohérence d’ensemble. Ce nouveau lancement devait apporter une nouvelle lumière à l’image de la maison, mais toujours en accord avec les lignes existantes.
A l’arrivée, je ne fus pas déçue. Ce jus est résolument dans la continuité des premiers lancements. Les matières qui ont été travaillées l’ont été jusqu’au bout : on le sent aux effets que le parfum développe sur chaque peau, parfois plus sucré, parfois plus boisé, mais aussi salé. Womanity reprend les codes importants de la marque (aspect sucré, boisé, moderne), mais apporte à l’image des parfums Thierry Mugler une nouvelle dimension, et ouvre à mon avis une nouvelle porte pour l’avenir des créations.
La figue sert de base à la construction de la note sucrée : à l’ouverture elle est juteuse, verte, un peu acide. Le temps avance et elle mûrit sur la peau, sa dimension sucrée se révèle et elle se fait plus confite : un peu collante, plus parfumée, plus chargée. Ici, la note de la figue a été obtenue par un nouveau procédé d’extraction au gaz, développé par Mane, ayant permis de reproduire de façon fidèle l’odeur d’une belle figue mûre, fraîchement coupée. Et à ce beau fruit réaliste se rajoute une note lactée onctueuse, à l’ouverture du cœur, donnant au parfum un aspect très gourmand, comme un sirop épais. Si bien que je décrirais cette note comme celle d’une belle figue mûre, plongée dans un bol de lait. Et cette évocation a, comme dans Angel, un côté ludique. Pour moi, elle est associée à l’été, aux fruits que l’on cueille sur l’arbre pour en faire des confitures et dont une grande partie aboutit dans notre bouche par pure gourmandise et impatience.
Comme dans tous les parfums Mugler, la dimension sensuelle est bien présente dans ce parfum. Dans les premiers temps, elle pourrait paraître plus discrète ou en tout cas moins affirmée que dans les précédents opus. En même temps, il est vrai que la bombe
de sensualité restera toujours Alien pour moi, avec son cashmeran cotonneux et son puissant jasmin charmeur. Mais Womanity présente les choses sous un autre angle, plutôt intéressant. Sa sophistication est plus naturelle, plus nude et plus près de la peau (bien que le sillage soit présent). Cette sensualité est celle d’un large sourire offert par une bouche pulpeuse posée sur un visage au regard taquin. Elle s’appuie sur le vent iodé de la luxueuse note caviar et la base texturante de la note boisée.
Je dirais que ce lancement a comblé mes attentes : je suis heureuse de la prise de risque que la marque a osé prendre avec cette création, prise de risque que nous ne rencontrons plus beaucoup en ce moment en parfumerie… Et je ne suis pourtant pas une grande amatrice des notes fruitées. J’ai cependant été surprise de lui trouver ici un réel intérêt : grâce à la reconstitution réaliste de la figue, l’évocation du fruit est saisissante et donne alors au parfum une vraie saveur. Ce travail est intéressant dans un parfum, puisque les « saveurs » sont habituellement réservées au domaine du goût, et Thierry Mugler est une des maisons qui cherche d’ailleurs à innover dans ce domaine, ce dernier lancement en est un exemple. Comment évoquer une saveur (acide, amer, sucré, salé) dans un parfum ? Si le sucré est une saveur devenue assez galvaudée, le salé, lui n’avait jamais été exploré en tant que réelle évocation, mais vous en saurez plus en allant lire Olfactorum !
Womanity est le deuxième opus dans lequel Thierry Mugler excelle dans le domaine du gustatif…
A découvrir à partir du mois de juin sur internet, puis au mois d’août en diffusion mondiale.
By Kilian : Back to Black
29/07/09
Back to Black / Aphrodisiac est la prochaine création à paraître de By Kilian. Celle-ci sera disponible en septembre dans les différents points de ventes habituels. Vous pourrez alors facilement faire porter le chapeau à La Rentrée pour faire avaler à votre porte-monnaie rabat-joie, que vous avez absolument besoin d’un nouveau parfum pour bien recommencer le travail…
Back to Black a donné du fil à retordre à Nez bavard. En effet, celui-ci est alternativement perçu comme un ambré-boisé ou comme un tabac, mais tout au long du parfum, les impressions et les références olfactives se bousculent, ce qui rend sa lecture plus ou moins ardue.
L’entrée en matière me fait purement et simplement penser à un verre de cognac. C’est dans ce départ que l’on sent le plus la filiation entre les parfums By Kilian et l’univers des spiritueux. C’est dense, liquoreux, chargé d’arômes fruités, boisés et ambrés qui promettent de se déployer fastueusement sur la peau. Passée la première giclée de liqueur fruitée qui me fait personnellement penser à de la prune, le parfum se recouvre rapidement d’une couche de poudre de chocolat Van Houten, un peu amère (pour le pouvoir aphrodisiaque peut-être…).
La touffeur chocolatée aurait presque des accents de cuir, et l’on sent dans le coeur de la fragrance une référence au Bornéo 1834 de Serge Lutens. Il y a chez By Kilian un accent beaucoup plus prononcé sur les fruits et sur une rondeur chocolatée qui est présente chez Bornéo mais dans un écriture plus sèche. Le patchouli a bien sûr plus de place dans la création de Serge Lutens, chez By Kilian il sert à renforcer une note sensuelle très suave et très riche. La comparaison vaut vraiment le détour, car ces 2 parfums semblent presque se compléter et développent conjointement une atmosphère dense et enveloppante, un peu poudrée. Mais là où Bornéo s’engage fermement dans une cave de bonheur patchoulité, la liqueur fruitée de Kilian s’étire et poursuit son chemin dans une image de petits raisins secs gonflés de rhum et d’épices. J’ai vaguement l’intuition d’une fleur (peut-être une lavande?), mais très légère, visible seulement à travers un filtre ou un brouillard de miel épais.
Dans les derniers stades, le parfum semble vouloir tirer vers l’univers du café sans vraiment y parvenir. La référence est présente ainsi que les facettes de l’odeur du café (chocolat, vanille, tabac), mais le personnage principal est absent. Les volutes finales s’accordent cependant assez bien autour de ce thème. La tasse de café-vanille n’est pas loin, posée à côté de la pochette de tabac à odeur de miel, pendant que des lèvres rouges mordent dans un carré de chocolat noir à la framboise (très nette sur ma peau). La tasse finie, il reste une couche de miel foncé (celui des fleurs de montagne), encore une fois riche et épais qui s’en va doucement mais sûrement vers un fond de miel ambré-fumé.
L’évolution est résolument séduisante, avec ce qu’il faut d’attendu et de surprenant. J’ai pour ma part beaucoup apprécié le travail réussi autour des notes sucrées qui ne sombrent jamais dans de la confiture over-lourde, alors qu’il aurait pu être dangereux de travailler à la fois les fruits (dont une framboise très réaliste), le chocolat et le miel… Et pourtant, ma peau a tendance à faire ressortir cet aspect dans les parfums.
A découvrir donc pour les amateurs de fruités intelligents aimant les univers changeants mais affirmés.
J’ai 15 ans… / Hugo Boss : Hugo Woman
4/12/08
Je sais que c’est pas vrai mais j’ai 15 ans… Sur mon T-shirt est inscrit en gros I Love New York, mon sac de cours EastPack est bariolé au Tippex avec les dédicaces de mes amis, je porte un slim H&M avec des Converse bleues et j’ai une mèche dans la figure.
Oui, je suis timide, je ne sais pas vraiment ce qui m’intéresse dans la vie, et je me demande bien ce que je vais pouvoir faire plus tard. Et tous ces gens qui me parlent d’avenir, moi, ça me dit trop rien. Je préfère parler de garçons avec mes copines, écouter The Vines et porter Hugo Woman. Mon floral-fruité…
J’étais en 6e lorsque ce parfum est sorti en 1997, et je l’ai découvert au cours d’une de mes visites tri-hebdomadaires au Sephora de la rue de Passy, devant lequel je passais pour rentrer chez moi… J’ai été immédiatement fan de cette odeur de propre, de jeune fille : une odeur à laquelle je voulais ressembler, elle « faisait bien », parce qu’il ne faut pas oublier qu’en 6e, on commence à se soucier du « ça fait bien ».
Aujourd’hui, avec le recul, ce parfum n’a rien pour vraiment casser la baraque, c’est un floral fruité relativement simple, un de ceux qui me font vraiment penser à la parfumerie en tant qu’industrie de production de masse. Un parfum que toutes les jeunes filles ont dû aimer parce qu’il ne suscite pas d’émotions franchement négatives. Je ne l’aime que parce qu’il me rappelle l’époque où je passais 2h chez Sephora presque tous les soirs avec mon gros sac de cours trop lourd sur le dos. Je crois même que je devais exaspérer les vendeuses à force (surtout dans le 16e), mais moi j’aimais bien cette époque où je ne me souciais de pas grand chose… Je rentrais juste à la maison avec les doigts pleins de parfums et faisais râler mon frère parce que j’avais « encore » mis du parfum…
Burberry : The Beat
20/03/08
Aaaaah les pulsations de la vie! Le battement de notre coeur que Burberry a mis pour nous en bouteille si gentiment! Je ne lui serai jamais assez reconnaissante…
Ce soir j’ai hésité entre écrire sur The Beat donc, ou sur le nouveau parfum ultra plat, ultra lourd, ultra pas-nouveau en fait de Paco Rabanne : Ultra Red. Entre rien et quand même un peu quelque chose, mon choix s’est porté sur le quelque chose. Nez Bavard cède à la facilité pour ce premier billet de mars (mea culpa) et se laisse aller à la critique négative, car les activités parfum sont légèrement réduites pour le moment (mais on s’arrange). Les nouveautés de mars ont gaiement fleuri tout au long du mois, dont ce nouvel essai young-fashion-trendy-sexy-perfume qui sera sûrement en tête des ventes pour l’année 2008.
Une senteur mariant un accord thé de Ceylan comme un clin d’oeil subtil pour rappeler les origines britanniques de la marque (dixit la charmante jeune femme qui anime le podium Burberry actuellement au Printemps de la beauté…), autour d’un accord d’iris, que j’ai personnellement eu du mal à discerner. Un démarrage très lessiviel, un peu acide, pétillant et fruité, somme toute classique mais intéressant. Le tout plongeant au milieu d’une ribambelle de notes aussi fleuries qu’un Flower Bomb de Viktor & Rolf (jacinthe, iris), qui deviennent très rapidement crémeuses, cocotées (l’accord iris peut-être?) et franchement insoutenables sur ma peau. Sans oublier, bien sûr, un éternel et désormais incontournable fond de muscs blancs, auquel s’ajoute une note vétiver et cèdre. J’aurais bien aimé une autre évolution moins Char d’Assaut du régiment Sucre Glace sur ma peau, mais rien n’y fait, il s’alourdit terriblement. La version extrême, élixir, est finalement bien plus délicate et intéressante, moins accessible à tous car bien plus marquée en vétiver et en iris (reconnaissable cette fois) dès le départ, mais qui offre une évolution bien plus souple et bien plus proche de ce que j’aurais aimé sentir dans l’eau de toilette. Mais évidemment c’était trop demander, et pour un 50 ml de la version élixir il vous en coûtera 95€, soit 623,18 francs… (Selon l’INSEE, seuls 55% de la population française comptent désormais en euros. Le fait de compter en francs contribuerait à limiter les dépenses. Je veux bien les croire…)
Je reconnais que je suis très critique car le travail est finalement assez bien exécuté et The Beat a le mérite de présenter de gros atouts, bien qu’assez peu subtils, et semble être le résultat d’un minimum de travail (réalisé par Olivier Polge, Dominique Ropion et Béatrice Piquet). Ce qui n’est pas le cas des deux Ultra Red de Paco Rabanne ou du nouveau Boss Pure qui sont en ce moment des exemples parfaits de ce qu’il y a de plus navrant en parfumerie. La campagne marketing de The Beat est résolument rock’n roll, jeune, dynamique, dans le coup et pas inventive. Que celui qui ne pense pas à la campagne de CK One en regardant la publicité de The Beat me jette la première pierre… Néanmoins avec cette sortie, la marque anglaise rompt assez nettement avec son image un peu trop traditionnelle et bourgeoise, sous l’impulsion du nouveau directeur artistique Christopher Bailey. Enfin, faut pas pousser mamie dans les orties non plus, pas de punk pour le moment!
Sources : OsmoZ, Now Smell This
Miller Harris : Cuir d’Oranger
23/01/08
Si je vous dis Laura Ashley, à quoi pensez-vous? A de beaux imprimés fleuris, couleur pastel et romantiques. Bravo, vous avez gagné !
Maintenant, si je vous demande le parfum que porte la jeune femme qui se trouve dans sa chambre dans une province anglaise, assise sur son fauteuil près de la fenêtre, lisant un roman? Un parfum de chez Miller Harris ! Encore gagné ! Mais vous êtes incroyable ! Et son ami ? Bon, bon, cela suffit, on a bien compris…
Ce petit questionnaire avait pour but de vous donner une idée, chers lecteurs, du sentiment qui s’est créé en moi lorsque j’ai découvert les parfums Miller Harris aujourd’hui. Un sentiment assez proche de celui que j’avais éprouvé en découvrant Creed, un mélange de ravissement puéril et d’ennui profond. C’est beau, c’est chic, c’est frais, mais tellement lisse… J’ai appris à apprécier les parfums Creed depuis la première fois, peut-être en sera-t-il de même pour ceux de Miller Harris, mais disons que pour le moment il n’y a pas eu de déclic. Jolies fleurs, beaux bois, pétillants agrumes. Mais jamais de surdose, de maniement périlleux ou de taches de couleurs. Alors on fait vite le tour, et on part voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.
Enfin, enfin, il faut tout de même saluer la qualité lorsqu’elle est là, l’exécution de ces parfums est tout à fait maîtrisée et les matières choisies offrent une belle profondeur aux fragrances. Notamment chez Cuir d’Oranger, le seul que j’ai essayé sur ma peau. Mon affection pour les cuirés s’est confirmée avec cette senteur à la fois joviale et brute. Le mariage fleurs d’oranger et cuir (bouleau-ciste) offre un contraste sec-moelleux intéressant sur la peau, sans que jamais le cuir ne devienne trop sec. Le chic et la préciosité anglaise émanent de ce parfum qui me laisse l’idée de quelque chose de classique et traditionnel. Il est d’ailleurs présenté ainsi sur le site de Miller Harris. Il fait partie de la dernière collection créée par Lyn Harris : Nouvelle Edition, qui comprend 8 parfums, que l’on peut désormais sentir au Bon Marché.
Je vais sûrement devoir recommencer, réessayer parce que je pense que ces créations ont encore des ressources, et que parfois en parfum, la première impression n’est pas toujours la bonne. Vous ne croyez pas ?
