Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Fruité
Vero Profumo : Kiki
7/11/07
Sur le site internet de Vero Kern, la créatrice des parfums Vero Profumo, on peut lire : « Les odeurs échappent à l’emprise rationnelle, à la langue. » En lisant cette phrase, j’ai immédiatement fait une association qui m’a semblé résumer assez bien la perception du monde des odeurs : une odeur est un sentiment. Elle ne se perçoit qu’à travers le sentiment auquel on la rattache, s’impose à nous de la même façon qu’un sentiment prend sa place dans notre coeur et y plante sa tente. Je vis les parfums de cette façon, et je pense que c’est ce qu’a souhaité exprimer Vero Kern lorsqu’elle a écrit cette phrase.
La perception des parfums Vero Profumo se fait dans cette optique, Rubj, Onda et Kiki sont des parfums addictifs ou répulsifs, les sentiments qu’ils provoquent sont immédiats et incontrôlables. Ces compositions ne sont disponibles qu’en extrait de parfum, et pour une véritable appréciation ne s’essaient qu’à même la peau. L’avantage des concentrations en extrait de parfum est que la composition est
mise immédiatement à nu, les défauts ou à l’inverse les qualités sont repérées dès le premier sniffage. Ici, on tire son chapeau pour la qualité des matières premières qui transparaît de suite. Le parfum qui a produit véritablement un effet coup de foudre sur moi est Kiki. Je salivais déjà, avant même d’avoir essayé le jus, à la lecture des notes : une lavande poudrée, musquée, fruitée construite autour d’un accord caramel / patchouli / oppoponax / fruits exotiques.
L’essai a été concluant, je me suis laissée fondre dans ces coussins de lavande musquée puissamment enveloppants et en même temps étonnamment pétillants. Je n’ai su que par la suite que ce parfum me convenait doublement puisque la créatrice l’a conçu en hommage à la ville de Paris, où je suis née et que je ne me lasse pas de traverser en long et en large. L’envol de Kiki me fait penser à une pastille effervescente, ce sont les fruits exotiques qui arrivent en fanfare pour commencer à la fois frais et piquants. Puis vient le meilleur moment, où la lavande, pièce maîtresse de la composition, entre en scène et se laisse observer jusqu’à la fin sous tous les angles. Tournoyant sur la peau, on la perçoit tantôt acide, tantôt cotonneuse, tantôt fardée (poudrée). Elle est assez stylisée dans ce parfum, car bien qu’on la reconnaisse, elle n’a rien de classique. J’avais eu peur que le fond ne se termine sur une note écoeurante de caramel, car ma peau a une fâcheuse tendance à faire sucrer les parfums : il n’en fut rien. Le fond se termine sur un musc propre et sec, intensifié par la présence de la lavande (une odeur de propre pour une grande partie de la population).
Sur les 3 parfums de Vero Profumo, c’est celui qui est le plus confortable et le plus facile à porter, Rubj et Onda étant un peu trop forts les premiers moments. En effet, la concentration en extrait fait que le parfum est bien présent, même pour le porteur. Rubj est un fleuri : fleur d’oranger, jasmin et notes fruitées qui, à mon nez bizarrement, est vraiment ressorti sous la forme d’une tubéreuse. N’ayant pas une affection inconditionnelle pour la tubéreuse, c’est celui que j’ai le moins aimé. Onda lui est très rustique, un cuiré-boisé puissant armé de vétiver et d’épices, qu’il faut savoir laisser évoluer sur la peau car il est âcre au départ. Mais il prend par la suite une tournure animale osée et assumée qui le rend atypique.
Pour plus de renseignement sur Vero Profumo contacter Vero Kern à : profumo<at>veroprofumo.com
ou : Grebelackerstrasse 7
CH-8057 Zürich
SWITZERLAND
Calvin Klein : Ckin2U
10/08/07
CKin2u, autrement dit : Calvin Klein en toi… Voici ce que l’on appelle : de la stupidité en bouteille… Une énième création marketing montée de toute pièce sur des concepts soi-disant modernes et dans l’air du temps, s’adressant à une clientèle adolescente dont les mains seront bientôt des prises qui pourront se brancher n’importe où pour accéder à Internet. Sexe, danse, musique, adrénaline, sushis, pop, tattoo, gadgets… Voilà en gros les concepts que cherchent à résumer les 2 nouveaux parfums de Calvin Klein. La campagne de publicité m’a fait penser à une réplique du film C.R.A.Z.Y de Jean Marc Vallee : « Adolescent en rut dans son habitat naturel » [...] « Ta gueule!!! ».
Je vous en prie pincez-moi si je rêve! Non, je sais bien que je ne rêve pas… Je suis tout de même abasourdie par une manipulation et une catégorisation aussi grossière, vulgaire et réductrice que celle qui est véhiculée par la campagne et le matraquage marketing qui sont menés sans relâche depuis le lancement des 2 parfums. Mais qui a dit que la jeunesse d’aujourd’hui se retrouvait réellement dans ces images?? Les études de marché bien sûr! Bien évidemment que les nouvelles technologies prennent une place importante dans la vie des jeunes aujourd’hui, mais ils ne sont heureusement pas seuls, voire même ils sont capables de s’intéresser à autre chose! Ce n’est pas tellement le fait d’affirmer que les nouvelles technologies, le besoin de communiquer et la recherche d’une image soient importants pour les jeunes d’aujourd’hui qui me dérange. Ce qui m’exaspère le plus ici, c’est que non seulement les 2 jus sont parfaitement NULS et d’un inintêret le plus total, mais en plus on nous vend un concept bidon du début à la fin. Vous me direz, personne ne l’avait encore fait, il fallait bien que quelqu’un s’y mette. Calvin Klein fort de ses réussites passées, de son image jeune et dynamique s’est permis ce petit écart : Zéro pointé sur toute la ligne. Bizzarement, ces 2 parfums n’ont pas eu un succès si énorme que ça (voir les 2 articles de AuParfum ici et là), comme quoi, à trop vouloir cibler et réduire une clientèle à ce qu’elle n’est pas (notamment les jeunes qui ne pensent
heureusement pas qu’avec leurs hormones) on se ramasse…
CK One lors de sa sortie en 1995 proposait dans son cas un concept intéressant, et assez novateur, même si la machinerie marketing était elle aussi au rendez-vous. C’est à partir de sa sortie que l’idée du parfum « mixte » a commencé à s’imposer et à acquérir une certaine notoriété. A part Gaultier² de Jean-Paul Gaultier sorti en 2005, je ne connais pas à ce jour de parfum qui se place clairement comme mixte en parfumerie générale (N’hésitez pas à me reprendre si j’ai omis de citer d’autres parfums mixtes). CK One est tombé à pic, dans une époque où les odeurs fraîches, pétillantes et qui rappellent le propre étaient LE filon à exploiter (il l’est toujours aujourd’hui, en plus des odeurs rappellant la nourriture). Le service communication de Calvin Klein a dû en avoir marre de lancer chaque année un nouveau CK One : CK One, CK One Electric, CK One Summer, CK One Summer 2006, CK One Summer 2007, CK One Scene… Ils se sont dit qu’ils pourraient peut-être refaire la révolution en changeant le titre et le visuel. Malheureusement les 2 fragrances en elles-mêmes ne sont pas le moins du monde intéressantes : pamplemousse, bergamote, sucre d’orchidée, cactus blanc, ambre néon (?????), cèdre rouge, soufflé de vanille pour elle ; citron vert, gin fizz, tangelo givré, piment, shiso, cacao, vétiver, musc pour lui. Une évolution très pauvre sur la peau, une composition sans vibrations ni émotions. Un jour j’aimerais aussi que l’on m’explique ce que les rédacteurs on voulu dire par : technosexuel quand ils ont décrit l’image du porteur… Petite explication sur un article très intéressant de Cosmeo Blog ici. Nous sommes donc ici sur un blog, l’essence même de la modernité pour Calvin Klein visiblement, de plus Nez Bavard fait lui-même partie de la clientèle cible pour ce parfum. Il vous affirme haut et fort que NON, il n’est pas branché sur internet 24h/24, accroché à son portable nuit et jour, qu’il aime AUSSI les bouquins, les expos, le cinéma et les cafés, que OUI il a un portable, qu’il pense que l’Internet c’est l’avenir, et qu’il a un ordinateur. Mais sa sexualité se passe très bien de technologie et il a toujours préféré voir et parler aux gens en vrai, plutôt que derrière un écran.
Sources : OsmoZ, www.ckin2u.com/FR/, photo : www.textually.org
Acqua Di Parma, Blu Mediterraneo : Arancia Di Capri
2/05/07

Arancia… Autrement dit, orange en italien. Tel est l’élément principal de l’eau de toilette Arancia Di Capri (Orange de Capri) de la collection Blu Mediterraneo chez Acqua Di Parma. Nez Bavard a aaaaaadoré ce parfum et avait toutes les raisons pour cela. Tout d’abord, Nez Bavard vient (entre autres) du Sud (c’est d’ailleurs pour cela qu’il est tant bavard), et il est donc familier avec les odeurs enchanteresques qui foisonnent dans ces régions. De plus le bleu est la couleur favorite de Nez Bavard et la collection s’appelle Blu Mediterraneo, cela tombe bien. Pour finir, l’orange est la couleur complémentaire du bleu en arts plastiques, le hasard fait décidément bien les choses…
Trêve de plaisanteries, Arancia Di Capri est le premier (très) gros coup de coeur pour une senteur d’été hespéridée qui me rappelle autre chose que mon Paic Citron pour la vaisselle. Dans la jungle des sorties estivales du mois de mars, j’ai bien du mal a distinguer Pierre de Paul et Jacques de François… Autant dire que pour le moment rien ne m’a vraiment intéressée, peut-être que cela viendra. J’ai cependant découvert ce parfum(datant de 2005) très récemment en me décidant à sentir autre chose qu’Iris Nobile. Et je me suis félicitée d’avoir poussé ma curiosité! Je ne sais pas ce que ce parfum me rappelle, mais il me rappelle quelque chose d’agréable, d’estival, d’ensoleillé et de frais. Comme un soir de juillet, vers 18 h, fraîchement sortie de la douche et habillée en coton léger, assise à l’ombre d’un arbre, un verre de jus d’orange glacé à la main, discutant avec des proches. Et juste le filet d’un parfum doux et frais, comme celui d’un gel douche (mais en mieux) qui virevolte un peu partout dans la brise ambiante. Je ne suis encore jamais allée sur l’île de Capri (mais j’espère pouvoir y remédier très prochainement), mais cette fragrance me transporte quand même. Vers des endroits agréables où l’on ne pense
(vraiment) à rien d’autre qu’à être bien.
Arancia Di Capri est à la fois pétillant et hilarant, et dans le même temps reposant et apaisant. Il est rafraîchissant comme une menthe à l’eau et aussi doux qu’un verre de jus d’oranges fraîchement pressées, dont la saveur est si douce et si moelleuse qu’on a la sensation de boire du coton. Je vais sans nul doute continuer mes recherches sur les parfums de cet été mais il ne fait quasiment aucun doute que Arancia Di Capri fera partie de la tête de liste des achats parfumés de cet été. J’ai pu sentir aussi la gamme bain (comprenant un lait pour la douche et une crème pour le corps), et je n’ose même pas imaginer le plaisir que ce doit être de se plonger dans la senteur fraîche-douce-pétillante d’Arancia Di Capri. Ce parfum a mis en évidence quelque chose que je savais depuis longtemps, mais qui a pris ici toute son ampleur : le pouvoir des odeurs sur le mental et l’humeur. Serais-je vraiment une passionnée de parfums si je ne vous avouais pas que selon le parfum que je mets, je me sens : plus belle, plus forte, plus maline ou plus rigolote? Ici l’action de ce parfum est très simple : elle me rapproche de moi. Quand je dis « elle me rapproche de moi » j’essaye d’exprimer la drôle d’impression que l’on a parfois quand on se sent au plus proche de notre personnalité, quand les choses sont simples et que l’on perçoit les situations avec clarté et confiance. Je ne doute pas que cette sensation ne soit due à la qualité des essences utilisées dans ce parfum et à leur rendu naturel sur la peau.
Toutes les huiles essentielles sont réputées autant pour être relaxante que pour leurs différentes actions thérapeutiques. Cela dit, tout dépend d’une bonne utilisation et d’une bonne qualité de celles-ci, et
ensuite, encore faut-il que ces essences évoquent pour celui qui les sent quelque chose d’agréable. Une personne avec qui je discutais me disait un jour que pour elle, l’odeur de la verveine était associée à la maladie, et n’évoquait donc rien de particulièrement agréable à ses yeux. Tandis que pour moi, l’odeur de la verveine évoque le bol de tisane fumant posé sur ma table de chevet, exhalant un puissant parfum frais et vert pendant que je lis assise sur mon lit avant de dormir. Pour Arancia Di Capri, l’action combinée de plusieurs huiles essentielles, ayant une vraie signification relaxante et agréable pour moi, entre en ligne de compte. J’ai apprécié dans ce parfum l’absence de fleur et de notes synthétiques insupportables (telles que les notes solaires présentes dans Hypnôse de Lancôme et L de Lolita Lempicka). Le rendu est plus naturel et n’a pas été « féminisé » par une fleur.
Arancia Di Capri est composé comme suit : orange, mandarine, bergamote, pamplemousse, petitgrain, cardamome, feuille de maté, muscs, caramel.
Que l’on se rassure, ce parfum a plus un aspect doux (comme le jus d’orange) qu’un aspect sucré. La forte teneur en notes hespéridées est ce qui rend ce parfum si rafraîchissant. A ma très grande et très agréable surprise, j’ai eu la joie de constater qu’il tenait vraiment bien pour un parfum de ce type : au moins une journée.
Sources : Wikipedia (photo des oranges), maxsauter.net et valesdir.free.fr (photo de Capri)
Annick Goutal : Petite Chérie et Eau de Camille
13/04/07
Comme toutes les semaines, je poursuis mes recherches parfumées, et je me suis attardée aujourd’hui sur les parfums Annick Goutal pour la saison estivale, j’ai retenu Eau de Camille et Petite Chérie, deux parfums rafraîchissants.
Eau de Camille
L’Eau de Camille est créée en 1983 par Annick Goutal pour sa petite fille Camille, et retranscrit la fraîcheur et la vivacité de la jeunesse. Ce n’est pourtant pas une eau enfantine, elle est verte et légèrement fleurie, un bon choix pour la saison chaude. Le terrain des parfums d’Annick Goutal est encore en friche dans ma tête, car je ne les ai pas encore bien cernés, et je pense avoir encore du chemin à faire avant de les comprendre et de bien les connaître. L’Eau de Camille est une odeur à surprises, c’est le type de parfum dont les stades d’évolution sont assez marqués et qui changent assez nettement de l’un à l’autre. La première touche est celle du galbanum, cette note caractéristique qui donne le caractère vert au parfum et que l’on retrouve dans Cristalle ou le N°19 de Chanel. Cette note saisissante réveille les sens, mais à la bifurcation suivante, j’ai trouvé l’Eau de Camille décalée sur ma peau, comme trop chargée de sève verte et de fleurs fanées… J’avais lu que ce parfum contenait du seringa, et j’attendais beaucoup de son essai sur ma peau. Même si au retournement suivant, j’ai avec plaisir retrouvé un équilibre aérien entre la verdure, la fraîcheur et les touches fleuries, je n’ai pas senti la sensation émouvante et blanche du seringa. Cela dit, la feuille de lierre vert sombre donne la touche finale qui me fait aimer le parfum, car c’est elle qui apporte à L’Eau de Camille sa distinction.
L’Eau de Camille est composée de chèvrefeuille,seringa, bouquet floral, troène, lierre.
Petite Chérie
Le parfum Petite Chérie est le successeur de l’Eau de Camille, il fut créé en 1998 pour la fille d’Annick Goutal, désormais jeune femme. Je le trouve étrangement plus enfantin, et pour ma part plus jovial et innocent que L’Eau de Camille. Je n’aime pas d’habitude les parfums fruités, car les notes « fruits » en parfumerie sont quasiment impossibles à obtenir à partir de l’élément naturel, et proviennent le plus souvent d’une reconstitution synthétique. J’accorde une grande importance à la présence de composants naturels dans un jus, car c’est un gage de qualité et de beauté (même si beaucoup de parfums synthétiques me plaisent aussi). Pour ce qui est de Petite Chérie, je dois m’avouer vaincue et m’incliner devant une si jolie composition. Il fait partie des parfums qui touchent profondément et qui parlent mieux que des mots ou des gestes. Le mariage poire-vanille est d’un raffinement inespéré, la succession des notes est harmonieuse et travaillée. Le départ est juteux comme un quartier de poire tout juste pelé, il en a le sucre et la fraîcheur. Il glisse ensuite vers la rondeur des muscs, le crémeux de la vanille, mais en gardant bien l’esprit fruité de la poire, qui est soutenu par la pêche, et décoré d’une rose pas encore tout à fait épanouie. Petite Chérie est une excellente découverte, un vrai plaisir de beau temps, nouveau et familier pourtant. Ses notes sont : Pêche, Rose, Poire, Herbes fraîches, Muscs, Vanille.
J’ai une préférence nette pour Petite Chérie, car je le trouve plus libre et plus agréable à sentir que L’Eau de Camille. Je ne le catégorise pas, il m’empêche presque de réfléchir car il accapare l’esprit par sa nature enjouée, en laissant une forte impression de pouvoir s’abandonner aux événements. A porter jusqu’au bout de l’été et encore plus si affinités…
Sources : Annick Goutal, OsmoZ
Bulgari : Rose essentielle
14/03/07
La rose et ses mille parfums, ses mille couleurs, ses mille épines… La plus belle et la plus délicate des fleurs a trouvé en 2006 une nouvelle interprétation chez Bulgari. La rose est depuis l’Antiquité largement utilisée en parfumerie, on la retrouve dans près de la moitié des parfums féminins et elle a, de plus, fait l’objet d’une quantité innombrable d’interprétations (soliflores). Son parfum fait encore aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches, on a relevé plus de 400 molécules qui composeraient son odeur. Encore faut-il noter qu’il existe une grande quantité de variétés odorantes et que les plus utilisées (et donc analysées) en parfumerie sont les Rosa Damascena et Rosa Centifolia. Leurs provenances sont diverses, Bulgarie, Maroc, Grasse … Cette fleur est très amplement associée à la symbolique de la Vierge, mais aussi à l’amour, et plus généralement à celle de la féminité et de la beauté. Ces images romantiques (parfois excessivement) ont fini par me lasser, et je me suis longtemps désintéressée des parfums « à la rose ». Quelques exceptions ont cependant retenu mon approbation : Paris de Yves Saint Laurent, Love in
Paris de Nina Ricci, Nuit d’Amour de Guerlain… J’ai eu le plaisir avec Rose Essentielle de Bulgari de découvrir (ou redécouvrir) cette senteur particulière, si merveilleuse à sentir dans les jardins au lever du soleil.
Bulgari nous propose un soliflore frais, printanier et féminin. Un « classique » qui plaira sans nul doute à de nombreuses jeunes femmes. C’est d’ailleurs un plaisir de sentir un parfum destiné aux jeunes filles qui ne sentent pas le sucre, le bonbon, la vanille, ou la crème pâtissière… Un poil Bon Chic Bon Genre, Rose Essentielle a une signature majestueuse et vibrante. J’aime beaucoup ce parfum pour la fidèlité qu’il garde tant à l’odeur de la fleur qu’à la beauté et la délicatesse de celle-ci. Son évolution se joue comme un morceau de musique pour harpe, tellement le sillage est harmonieux et le coeur chantant. Composé en tête de Rose Prélude et de Rose Ottomane, le coeur s’ouvre ensuite sûr un accord de
Mûre/Jasmin/Violette, pour finir sur un ton Bois de Santal/Patchouli.
On ne perd pas la rose tout le long de l’évolution du parfum, on a envie de le sentir sur soi, et de le faire sentir aux autres, car on vous dira à coup sûr que vous sentez bon! Rose Essentielle, c’est une énorme brassée de roses fraîches sur la peau qui fondent pour se transformer en une crème de rose lègèrement poudrée et enveloppante.
Un parfum pour le printemps, qui fait sourire et qui rend belle. Il a le côté romantique de la rose certes, mais ne s’est pas enfermé dans une interprétation lisse et rébarbative de la fleur, il conviendra à toutes celles qui aiment la rose, et à celles qui souhaitent la redécouvrir.
Dior : Miss Dior Chérie
5/01/07
Les parfums de la maison Dior sont parfois un mystère pour moi… Capable de nous sortir des véritables petits bijoux parfumés comme Eau Sauvage, imitée tellement de fois, J’Adore, ou encore Tendre Poison (dérivé de Poison qui lui aussi est une réussite), on se retrouve parfois avec des éditions franchement ratées : Pure Poison un vague essai oriental étouffant et synthétique, ou bien le Dior Addict qui ne fait pas vraiment dans la finesse.
Curieuse de découvrir une nouvelle senteur, je suis au regret d’avoir dû classer Miss Dior Chérie dans le camp des ratés… L’impression n’est pas insupportable en elle-même, mais c’est une création sans âme qui répond en tout point au dictat de la tendance actuelle : odeurs sucrées et frivoles, assez communes. Pourtant réinterprétée à partir de Miss Dior créé en 1947, le résultat n’est pas à la hauteur du premier. Certes il est plus moderne, plus trendy, mais comme la tendance à laquelle il se soumet, Miss Dior Chérie sera oublié dans 1 an… Riley Keough, petite fille d’Elvis Presley, a été choisie pour incarner l’image de ce parfum : innocente et espiègle… Reconnaître l’innocence et l’espièglerie de Riley Keough je ne sais pas, mais par contre le parfum est une réussite sur ce plan-là : la limite est très mince entre les parfums de supermarché destinés aux très jeunes adolescentes et Miss Dior Chérie, qui pourrait correspondre au must du rayon parfum de mon Monoprix…
Pyramide olfactive :
Tête, Mandarine Verte/ Fraisier Feuilles/ Violette
Coeur, Jasmin Rose/ Fraise des Bois/ Pop Corn
Fond, Patchouli/ Musc Cristallin
Mais vous me direz il ne fallait pas s’attendre à autre chose avec de la fraise des bois et du Pop Corn en coeur !! Je trouve ça dommage de dépenser 60€ pour une odeur aussi superficielle et peu inventive. Le flacon est charmant et correspond tout à fait à l’odeur de bonbon qu’il contient. Un parfum qui s’adresserait donc à des clientes pas très originales, et qui ne fera pas ressortir le côté le plus intéressant de leur personnalité…