Poivre Bleu
Le blog du parfum où votre nez bavarde…
Le blog du parfum où votre nez bavarde…
8/03/11
Les paris sont lancés les amis ! Vous avez du voir déjà un peu partout des annonces pour l’ouverture des votes à l’occasion du prix Les parfums 2011 organisé par la Fragrance Foundation France. Cette année est importante pour la FFF, elle symbolise le retour à l’indépendance et une volonté d’harmonisation avec les FiFi Awards en Amérique ainsi qu’avec toutes les autres Fragrance Foundations à travers le monde. La Fragrance Foundation France donne l’opportunité au grand public de voter pour les créations qu’il juge les plus réussies. Ce vote est pour moi réellement un moyen de faire passer un message aux professionnels du parfum, en appuyant et en soutenant les parfums les plus méritants, ceux qui ont le mieux répondu à nos attentes de consommateurs. Nous autres, passionnés et amoureux des parfums ne pouvons qu’approuver et soutenir cette démarche. Elle nous donne l’occasion de faire entendre notre voix dans ce marché du parfum parfois cacophonique et chaotique.
En effet, je ne saurais que trop vous encourager à aller voter, à faire entendre à nos chers professionnels ce que nous attendons de la parfumerie grand public, qui est au même titre que la parfumerie confidentielle, une partie de l’âme de cette industrie. Certains ont peut-être eu tendance à l’oublier, délaissant volontairement les sorties des grandes marques. Sans blâmer personne, car il y a certes de quoi se désoler parfois, je crois que c’est une erreur. Il est trop simple de se plaindre et de rouspéter lorsqu’on ne fait rien pour arranger les choses et encourager les grandes marques à sortir des produits de qualité. N’oubliez pas le microcrédit! Les préjugés, les jugements hâtifs et les œillères ne mènent généralement nulle part.
Sans vous redonner la liste complète des nominés (que vous trouverez sur le site de la Fragrance Foundation en allant voter), je vous donne mes favoris.
Prix du meilleur parfum féminin :
A mon sens Womanity et Love, Chloé méritent de gagner ce prix car ils ont tous deux proposé un accord avec une vraie personnalité, peut-être un peu plus innovante pour Womanity.
Prix du meilleur parfum masculin :
Bon, le chouchou sans surprise c’est Midnight in Paris ! Il est diablement sexy et androgyne, c’est un vrai parti pris en parfumerie grand public masculine !
Prix du plus beau flacon féminin :
Oriens bien sûr !!! Non, pardon, c’est pas vrai. J’aurais été tentée de dire Voyage, mais le souci, c’est qu’il est nominé à peu près dans toutes les catégories, ce que je trouve un peu dommage. Alors mon choix se tourne vers le Untitled de Maison Martin Margiella, parce que j’adore ce mélange de verre ou l’on voit le jus vert et de peinture blanche… Intrigant et vraiment réussi.
Prix du plus beau flacon masculin :
Je sèche un peu pour celui-là. Je serais tentée de choisir Midnight in Paris, mais pour moi il mérite de recevoir un prix pour sa fragrance, d’autant plus que beaucoup lui trouvent une ressemblance avec l’Eau des Merveilles d’Hermès (pour le flacon). En parlant d’Hermès, il y a toujours Voyage, mais même principe, il est nominé partout. Alors je dis… Ma langue au chat ?
Prix de la meilleure campagne publicitaire pour un parfum féminin :
Bon, là, on ne peut plus y échapper, mais il faut avouer que la campagne de Voyage impose vraiment le respect. Je serais tentée, pourquoi pas, de récompenser Love, Chloé dont j’ai trouvé la campagne très cohérente avec l’univers du parfum, et aussi très élégante.
Prix de la meilleure campagne publicitaire pour un parfum masculin :
Bon… Voyage, mais vraiment parce qu’il insiste.
Maintenant, c’est à vous de faire votre choix! Cliquez ici pour voter et faire entendre votre voix. Ce n’est pas une élection présidentielle, mais ça a son importance tout de même! Vous avez jusqu’au 25 mars !
Verdict le 5 mai 2011 !
1/03/11
Du vert, des fruits, de la fraîcheur et du beau temps : en bref, tout ce qui nous manque en ce moment à Paris. Voilà ce que la maison Hermès s’apprête à nous proposer pour le mois d’avril avec son nouveau venu dans la collection des Jardins. La création de ce parfum, comme toutes les fragrances Hermès depuis une dizaine d’années a été menée de main de maître, à la fois par les équipes commerciale, marketing et technique.
Un Jardin sur le Toit nous emmène dans l’univers désormais familier d’Hermès, celui de l’élégance et du savoir-vivre. Tous les ans, la maison choisit un thème qui va rythmer et animer son année. En 2011, Hermès a choisi de célébrer les artisans, et notamment, Yasmina, le jardinier qui est chargé de s’occuper des jardins Hermès, dont celui de la terrasse du haut de l’immeuble du 24, Faubourg Saint-Honoré. Ce jardin a servi de point de départ à la création de Jean-Claude Ellena, un parfum vert, fleuri et fruité.
Pour bien faire, il faudrait parler de la communication qui, une fois de plus, est magnifique, des mots et des phrases qui ont servi à nous immerger dans ce parfum, dans son particularisme et son univers. Il faudrait parler des dessins de Philippe Dumas qui ont croqué l’essentiel et nous ont fait sourire. Il faudrait aussi parler de ce nom : Un Jardin sur le Toit, qui véhicule l’idée du carré de verdure nous offrant une pause, qui nous invite au rêve… Tout ceci a été, comme je l’ai évoqué plus haut, choisi avec soin, orchestré avec goût et assemblé avec maîtrise, un peu à l’image de la création elle-même. Le lancement est cohérent avec lui-même, est cohérent avec Hermès, est cohérent avec le parfumeur.
Un Jardin sur le Toit est en parfaite continuité avec les premiers opus, la fraîcheur est de mise, sauf que cette fois-ci, c’est une fraîcheur légèrement acide de fruits verts (pomme, poire) et d’agrumes qui s’est mariée à une rose et à un magnolia, le tout sur un lit de muscs blancs qui n’en finissent plus de rayonner de propreté. Je ne retrouve pas forcément l’évocation d’un jardin en ville, mais je vois l’herbe verte, le soleil et la citronnade qui m’attend sur la table blanche en fer forgé.
J’apprécie cet ensemble, cette justesse qui se révèle sur tous les plans de ce produit. J’apprécie, mais le coeur n’y est pas, le coeur n’y est plus. Pourtant,
quoi que l’on puisse en dire, ce parfum aura été composé par un technicien hors pair, à qui nous n’avons pas besoin d’apprendre son métier. Sa signature est présente, cette signature qui apporte tant de personnalité à ses parfums, et qui fait tant de bien aux créations Hermès. D’ailleurs, les parfums Hermès se sont aujourd’hui totalement identifiés à ce créateur charismatique (rien de plus normal en somme), à sa patte, son écriture, à son envie de lumière, de simplicité et de transparence. Les Hermessences sont des haïkus, les Colognes sont des instantanés olfactifs, les Jardins sont le territoire du parfumeur maison, les références classiques des romans.
Le choix entrepris par Hermès est un excellent choix, et semble d’ailleurs porter ses fruits. Mais cette recherche d’unité, et cette écriture si présente, si imposée du parfumeur en deviennent presque cannibalisantes et étouffantes. On ne sort pas de cet éternel recommencement : simplicité, limpidité, épuration, luminosité. « Et pour qu’il soit parisien, je l’ai arrosé de lumière » dira M. Ellena à propos de cette création. Moi, je n’en peux plus de cette transparence martelée à toutes berzingues, de cette saleté propre, de cette présence et absence de matière, de chair, de chaleur. L’une des forces du style de Jean-Claude Ellena est certainement de réussir à créer des oppositions cinglantes en terme d’effet (chaud – froid), mais aussi de matières (sale – propre, richesse des composants – simplicité des formules), qui semblent pourtant se marier harmonieusement dans un parfum. Seulement, je ne rêve plus, je ne pars plus à travers champs et à travers le monde avec ses créations. Je reste bloquée, assise sur ma chaise, à regarder des images sans âmes et désincarnées, comme à travers un écran froid. Je suis lassée d’avoir systématiquement la même sensation à chaque nouveauté, de ressentir cet ennui et cet enfermement dans un genre et une image.
C’est peut-être simplement une question de compréhension et de sensibilité. Je ne comprends peut-être pas ce que cherche à faire Monsieur Ellena dans ses parfums, et je ne suis peut-être tout simplement pas sensible à son style. Je devrais passer mon chemin et ne pas m’en faire une montagne. Mais dans ce cas, pourquoi suis-je autant touchée par Déclaration de Cartier, par L’Eau d’Ambre et Bois Farine chez l’Artisan Parfumeur, par l’Eau d’Hiver chez Frédéric Malle, mais aussi et bien sûr par Terre et Vétiver Tonka chez Hermès même ? !
Mes réflexions dépassent sûrement le cadre de ce billet et le cadre de l’analyse d’un Jardin sur le Toit, mais ce sont des questions que je me pose très régulièrement depuis plusieurs lancements chez Hermès ou même ailleurs. J’aimerai être surprise à nouveau, sentir autre chose, retrouver une certaine créativité, qui pour moi a disparu au profit d’une unité de ton oppressante.
17/02/11
Vous vous souvenez de Rachel Morrison et de son idée de sentir tous les livres du MoMa? Bon, eh bien il semblerait que les odeurs de livres soient un sujet à ne pas prendre à la légère !
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous ne vous ruez pas frénétiquement vers toutes ces tablettes et iPad qui vous permettraient de réduire votre bibliothèque entière en une seule et même chose d’1,27 cm d’épaisseur pour 680gr?
Personnellement, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi. J’aime l’aspect tactile sûrement, la dimension matérielle et bien sûr, l’odeur ! Sur ce dernier
point, la société DuroSport Electronics nous propose un remède (sans doute infaillible) pour nous faire succomber à la folie des tablettes tactiles : l’aérosol à odeur de livre. On nous propose plusieurs atmosphères parfumées aux noms très évocateurs (et surtout très marrants) : Classic Musty Smell (Odeur poussiéreuse classique), Crunchy Bacon Scent (Parfum de bacon croustillant), Eau, You have cats (Oh! J’ai des chats), New Book Smell (Odeur du livre neuf), Scent of Sensibility (Senteur de Sentiments). Chaque aérosol est à utiliser pour une condition particulière, ainsi il vous est recommandé d’utiliser Crunchy Bacon pour accompagner votre lecture du petit déjeuner, et de vaporiser Scent of Sensibility uniquement pour les romans féminins comme ceux de Jane Austen et surtout pas pour les livres de Hunter S. Thompson (dont la vie et les travaux ont inspiré le film Las Vegas Parano).
L’initiative, à défaut d’être vraiment marrante, ne me fera cependant pas changer d’avis sur ma façon de lire… Sur papier, c’est toujours mieux, pour l’odeur et pour le reste !
NB : On remerciera le site ebouquin.fr pour avoir relayé l’information et FuroshikiBlog pour m’en avoir parlé !
21/01/11
Promis, j’ai essayé d’être indulgente. J’ai pratiqué le microcrédit, j’ai porté ce nouveau Kilian plusieurs jours de suite pour apprendre à le connaître et à le comprendre. Et il en ressort le triste constat que maintenant, dans la niche aussi, on s’ennuie. L’année dernière la tendance était à la tubéreuse, cette année sera « oudienne ». Certes, chez Kilian, le bois de oud est mis en avant depuis un petit moment avec le premier Arabian Nights Pure Oud sorti en 2009 ( Cruel Intentions l’utilisait déjà en 2007, peut-être de façon moins évidente), puis le Rose Oud en 2010. En 2011, vous aurez le plaisir de découvrir un nouveau Arabian Nights (lancement prévu pour mars) qui va nous parler de cette nouvelle coqueluche de la parfumerie : le bois de oud. La suite >
13/01/11
Vous connaissez déjà sûrement cette entreprise de formation et son célèbre outil pédagogique : l’Olfactorium. Par Cinquième Sens sont passé plusieurs noms que vous devez connaître en digne perfumista que vous êtes : Kilian Hennessy fondateur de la marque By Kilian, Aliénor Massenet, aujourd’hui parfumeur chez IFF, Lyn Harris détentrice de la maison Miller Harris, Vero Kern et sa maison Vero Profumo, Fabrice Olivieri créateur de la société Trend’s Lab, sans oublier bien sûr notre Thierry national, blogueur sur Olfactorum et créateur de parfums. Que du beau monde! La suite >
31/12/10
Vous connaissez l’angoisse du dressing n’est-ce-pas ? Lors des préparatifs de soirée, on se demande pendant des siècles quel petit haut ira mieux avec notre pantalon et s’il vaut mieux que l’on mise sur les talons aiguilles ou sur une paire de bottes classiques bien ancrées dans le sol… Bon, eh bien le perfumista, lui, se torture le crâne pour savoir quel parfum il va bien pouvoir porter pour une occasion pareille ! La suite >
25/12/10
Les meilleures journées d’hiver sont celles-ci. Un grand ciel bleu, un air bien sec, bien froid et pas de vent. Assise avec un livre à la main, je profite tranquillement de mes tout récents cadeaux de Noël : une belle théière en porcelaine blanche, remplie de Lapsang Souchong.
Joyeux Noël à tous, on se retrouve en 2011!