Le voilà! J’ai reçu il y a peu, l’un des nouveaux coffrets de découverte olfactive lancés par Osmoz le mois dernier, dont on a déjà parlé ici. J’ai choisi pour ma part de me faire mon opinion avec le coffret Bois et Résines légendaires, parce que les deux premiers : Accords mythiques et Fleurs originelles m’auraient réservé moins de surprises. Cependant, il s’agit vraiment d’un contenu « de base », c’est à dire que les essences présentées sont élémentaires et sans nul doute les premières que l’on apprend lorsque l’on se familiarise avec cette famille olfactive.
Le coffret n’en reste pas moins intéressant sous plusieurs aspects. Tout d’abord, il est toujours amusant de se plier à l’exercice du test à l’aveugle. Bien que j’aie pu reconnaître une bonne partie des 12 essences, je me suis fait piéger à quelques occasions… Les essences sont bien choisies et de belle qualité (Firmenich), mais un élément m’a plu en particulier : elles sont diluées dans une solution huileuse, ce qui annihile quasiment tout désagrément lié à l’alcool et permet de sentir immédiatement la mouillette sans attendre. Le confort d’utilisation s’en trouve augmenté et « l’âme » de la matière en question est rapidement accessible, même s’il faut prendre le temps de sentir la mouillette pour que toutes les notes se révèlent. Je pense que ce détail dans le conditionnement est dû au fait que le coffret s’adresse au grand public et à des personnes qui ne sont a priori pas familiarisées à l’utilisation de matières premières brutes. Osmoz a certainement voulu s’adapter aux habitudes des novices sur ce point. En effet, combien de fois ai-je pu voir dans les parfumeries des clients se précipiter sur leur mouillette à peine après avoir vaporisé le parfum (en dépit des bonnes recommandations de Nez Bavard bien sûr) ?
[Je me permettrai sur ce point une légère parenthèse pour faire passer un message personnel. Mon âme d'ex-démonstratrice me supplie de faire ce témoignage. Certes, je sais que le public lecteur de ce blog est sensible à l'art du parfum et n'apprendra probablement rien dans ce que je vais dire. Mais pour la postérité, je pense qu'il vaut la peine d'être écrit. Mesdames et Messieurs, le parfum est une œuvre sensible à laquelle il faut accorder un minimum de respect, ne serait-ce que pour l'évolution du parfum. Après avoir été vaporisé, un parfum ne se frotte PAS sur le poignet comme on frotterait un plat à gratin dont la saleté ne veut pas partir, même après avoir trempé 3 jours dans de l'eau savonneuse... Qui aurait l'idée d'appuyer sur Avance Rapide pour écouter une chanson ? Personne. Bon, bah pour les parfums, c'est pareil.]
Voilà, maintenant que le quart d’heure des réclamations est passé revenons-en à notre petit coffret. Le livret d’accompagnement à l’intérieur est bien fait, avec une petite introduction sur le fonctionnement du système olfactif ainsi que quelques conseils pour exercer son sens de l’odorat. J’ai particulièrement apprécié les encouragements à sentir la mouillette à intervalles réguliers (plusieurs heures après l’avoir imprégnée), puis à noter les impressions, les sensations et les évocations. Quelques lignes vierges dans le carnet sont d’ailleurs prévues à cet effet, à côté de la fiche signalétique de chaque matière. On trouve enfin, sur la page de chaque matière des informations sur l’odeur en elle-même, des éléments d’histoire, des citations… Une référence est faite enfin à plusieurs parfums contenant le produit en question, ce qui rend le jeu beaucoup plus concret et aiguise la curiosité.
En conclusion, je dirais que ce coffret est un excellente entrée en matière lorsque l’on veut amorcer une petite éducation à sentir, à apprivoiser son sens de l’odorat et à comprendre le plaisir que l’on peut éprouver à sentir. Pour un public averti, le contenu n’est pas suffisant, mais je ne me suis pas ennuyée et j’ai pu faire découvrir ce coffret à des proches avec plaisir et facilité. Je dirai donc que c’est un excellent cadeau ou outil de vulgarisation. Il devrait d’ailleurs être utilisé par tous les professeurs de collège et de lycée durant les cours d’Olfaction qui devraient exister depuis bien longtemps…
C’est l’idée que je me suis faite chez Nez à Nez. L’art de se sentir différent , la devise de la boutique, ne tient pas tant au révolutionnaire des compositions mais plutôt à la charge émotionnelle, sentimentale qu’ils transportent. C’est la grosse différence avec une parfumerie grand public où les fragrances sont figées, froides, monotones et rigides. C’est ce qui différencie à peu près toutes les parfumeries de qualité des autres. Je me suis un instant demandée si les faveurs que j’avais pour ces parfums venaient simplement du fait que la maison se voulait « confidentielle », ou « de niche » comme on dit. Si Hugo Boss avait sorti Ambre à Sade, aurais-je eu la même réaction? … Bon, d’accord, Boss n’aurait jamais sorti Ambre à Sade, ni même aucun autre parfum de la ligne de Nez à Nez. J’en ai conclu que j’appréciais ces parfums à leur juste valeur : ce sont des compositions de qualité (tant au niveau des composants, qu’au niveau de l’exécution), mais surtout, et c’est ce qui a fait la différence pour moi, il s’agit de parfums expressifs. Des parfums qui parlent, qui nous susurrent des choses à l’oreille quand on les porte, qui s’adaptent à un vécu et à une histoire, qui se font uniques sur chacun. Et cela, parce qu’au départ ils sont uniques, comme un tableau. Cette comparaison n’est pas innocente lorsque l’on sait que l’un des deux propriétaires de la marque, est un artiste peintre. Christa Patout semble être celle qui a accompagné en majorité la création olfactive, en collaboration avec Karine Chevallier, le nez qui se cache derrière les compositions. Stéphane Humbert Lucas, le mari de Christa Patout, a sans nul doute créé l’univers visuel de Nez à Nez, et l’on peut admirer plusieurs de ses toiles (si je ne m’abuse) à la boutique parisienne, rue Quincampoix.
A la suite de mon
Un orage vient de passer sur Paris. Sur mon poignet se trouve Le Voleur de Roses de L’Artisan Parfumeur. Qui aurait pu imaginer meilleur moment pour analyser ce parfum? Voleur de Roses est l’un des plus beaux patchoulis que j’aie jamais senti. Même le Patchouli Patch de la même maison ne lui est pas comparable. Car Patchouli Patch est certes quasiment pur, mais il est plus rustique que Voleur de Roses, qui à la rusticité a marié l’élégance.
haute dose ne m’allait pas. Je n’ai pas du tout aimé Euphoria de Calvin Klein dont la note patchouli-glucose surdosée m’avait écoeurée. Même sensation avec Patchouli de Réminissence, probablement l’un des plus connus, qui prenait des accents un peu vulgaires sur ma peau. J’avais ensuite essayé Angel de Thierry Mugler qui ne m’a pas déplu, mais je suis restée effrayée par ce bois jusqu’à ce que je porte Voleur de Roses et que je puisse admirer son évolution luxueuse sur la peau. Parce qu’en vérité, le véritable luxe d’un parfum, qui le démarque vraiment du reste, c’est une belle matière. Car une matière de qualité se suffit à elle-même, nul besoin de la travailler à outrance, de lui donner des accents trop marqués qui lui feraient perdre la richesse naturelle qu’elle détient déjà. Je ne veux pas dire par là que les parfums très construits, contenant de nombreuses matières, sont mauvais ou sans intérêt. Mais je ne boude pas la simplicité lorsqu’elle se présente et qu’elle est réussie. Voleur de Roses est sobre, c’est ce qui le rend si atypique.
Nez Bavard visite les classiques en ce moment. En effet, dans un souci d’éducation olfactive et de mise à jour de ma base de données, je m’applique depuis quelque temps à sentir et à découvrir (ou redécouvrir) des grands classiques de la parfumerie. Ce qui fait beaucoup de travail et d’évaluations à faire ! Le 
Bois d’Arménie de Guerlain fait partie des 4 fragrances exclusives sur le thème de « L’art et la Matière ». Après la critique de
parfumé de par sa nature mais aussi parce qu’il a vécu, et qu’il s’est imprégné des ambiances successives qui se sont créées autour de lui. Sur la peau le parfum évolue comme un meuble se patine, d’abord assez brut (comme jeune) piquant de poussière, il s’étire vers un aspect polissé et patiné (comme vieux), et gagne en sagesse.
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