Le blog du parfum où votre nez bavarde…
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Tom Ford : Violet Blonde
28/09/11
Les femmes, dans l’univers de Tom Ford, n’ont définitivement pas cet aspect doux et réconfortant qu’on leur prête parfois dans d’autres circonstances. Violet Blonde, le dernier lancement de la marque dans la collection « grand public » persiste et signe dans cette image d’une féminité ultra-sensuelle et un peu agressive, il faut bien le dire. Bien que la communication soit moins sombre et intrigante qu’avait pu l’être celle de Black Orchid, les codes restent les mêmes, visuellement mais surtout olfactivement.
C’est souvent un plaisir de découvrir un parfum de la marque, car question originalité, on est quand même rarement déçu, ce qui nous change un peu de la soupe ambiante que l’on retrouve à 95% le reste du temps.
Violet Blonde ne sent pas la violette (ou pas trop). Et il ne me fait pas non plus penser à une blonde. Mais sur ce dernier point, je dois
reconnaître que c’est parce que j’ai immédiatement pensé au personnage de Violet dans le film Bound des Frères Wachowski, sorti en 1996. Mais cette association, une fois le parfum sur la peau, ne m’a pas semblée inadaptée. L’esprit général du parfum reste bien celui d’une femme très attirante, sûre de ses charmes et relativement mystérieuse.
Le départ est frais, mais le parfumeur nous a quelque peu épargné l’habituelle entrée en matières agrumes pour travailler plutôt un départ fruité – poire, à peine lacté, qui n’est pas sans rappeler l’ouverture d’Aimez-Moi de Caron. Très vite, le caractère poudré du parfum se développe, en passant par un stade velouté (chair du fruit) avant de dériver vers un aspect un peu plus cosmétique mais sans l’effet « cocooning » qu’on accorde souvent à ces notes. Non, la féminité de ce parfum, bien qu’évidente, est plus dangereuse et venimeuse que cela. Et le stade suivant le confirme, puisque l’évolution du parfum se décale au fil du temps vers un aspect peau (note cuir et feuille de violette) et à peine épicé… par du cumin. L’épice en tant que telle n’est pas citée dans la pyramide officielle, mais la petite touche de transpiration caractéristique du cumin est bien là et elle se fond dans l’aspect poudré des graines d’ambrette (le même poudré que dans Urban Musk de la Private Blend) et dans la note animale du jasmin sambac. Le parfum se conclut sur un fond boisé – musqué de vétiver et de cèdre et laisse une impression dense et un peu intrigante.
Car au final, je n’aurai trouvé ni la violette, ni la blonde dans ce parfum. Les notes habituelles utilisées pour reconstituer la violette dans un parfum sont présentes (méthylionone et iris) mais n’ont pas l’aspect daté, lourd et écrasant qu’elles ont parfois. Et la blonde… eh bien je la cherche toujours en fait, mais je ne saurais pas vraiment dire pourquoi je ne la trouve pas.
Et vous, l’avez-vous trouvée?
Le dimanche musqué – Tom Ford : Urban Musk
19/06/11
Il y a un moment, j’avais juré que je ne parlerai plus de Tom Ford tant j’avais été vexée par sa campagne publicitaire pour Tom Ford for Men. Deux ans plus tard, du plomb dans la cervelle et un peu de recul en plus, je suis retournée vers cette Private Blend qui compte dans ses rangs des recrues d’une valeur inestimable pour certaines. Ça, d’ailleurs, Tom Ford l’a bien compris et il nous le fait payer ! Pour notre sujet, je suis allée fouiner du côté de la collection Private Blend White Musk, une ligne créée en 2009, et qui est venue apporter un souffle à la fois plus féminin et plus occidental à cette ligne très sombre, aux senteurs très intenses et clairement orientée pour le Moyen-Orient.
Parmi les quatre parfums de cette gamme, je me suis attardée sur Urban Musk qui m’intrigue depuis plusieurs jours au fur et à mesure que je le porte. Relativement peu intense en sillage, il offre néanmoins l’une des notes de peau les plus délicieuses qu’il m’ait été donné de sentir depuis le début de cette série. Tous les autres, bien sûr, se fondaient sur la peau et en adoptaient la forme et la texture, ce qui est de toute façon particulièrement marqué avec des créations musquées, mais tous se situaient dans le registre du parfum, alors qu’Urban Musk est à la limite. On ne sait pas vraiment s’il s’agit de l’odeur merveilleuse d’une peau dorée au toucher velouté, ou si l’on est en face d’une eau poudrée et délicate qui glisse entre les doigts comme une épaisse mèche de cheveux.
Parmi les muscs « en équilibre » entre une base animale et une bulle de propreté, ce parfum se trouve sur la ligne des plus poudrés ce qui le rend très chuchotant et parfois assez difficile à discerner. Cette note est surprenante, elle me fait vraiment penser à une joue fraîchement poudrée sur laquelle on vient déposer une baiser. Attention, les notes de violette ne sont pas au rendez-vous, cette douceur étant surtout apportée par l’héliotropine et les graines d’ambrette. Au départ, on discerne furtivement une petite note urine mais qui laisse rapidement place à une rondeur poudrée et vanillée où le benjoin apporte sa petite pointe gourmande. Je ne suis jamais allée en Amérique (pour le moment), et je ne sais pour quelle raison il m’évoque avec précision une ambiance américaine, très policée de l’extérieur mais finalement excessive à d’autres endroits. Il sent la femme apprêtée, aux ongles faits et aux cheveux laqués, mais qui sait en même temps avoir cet air naturel et à peine nonchalant que vous rêveriez de savoir maîtriser.
Bien que très discret sur ma peau, j’ai eu du mal durant les jours où je l’ai porté à me décoller le nez des poignets. J’ai pensé au début qu’il ne tiendrait pas la route, mais j’ai été une mauvaise langue. Il mérite largement sa place dans une sélection musquée, bien qu’il soit assez difficile à trouver, très cher et relativement élitiste. En même temps, cela résume assez bien tout ce que fait Tom Ford…
Demain vous aurez droit à un petit extra de la semaine musquée, parce que plus on est de fous…, puis probablement jeudi ou vendredi, je vous proposerais un petit bilan sur cette semaine et cette famille qui m’aura largement inspirée et qui continuera sans doute encore.
Le jeudi musqué – Jovan : Musk
16/06/11
Comment parler d’un parfum qui a marqué des générations entières mais pas la sienne ? Comment décrire un produit devenu culturel partout ailleurs dans le monde, sauf chez soi ? Voici le défi que je me suis lancé aujourd’hui en décidant de vous parler du Musk de Jovan, « le parfum qui a réuni plus d’hommes et de femmes que tout autre parfum dans toute l’histoire », comme disait la pub en 1981.
Ce parfum fait partie de la catégorie des fragrances à la cible extra-large et au discours bien moins policé que celui des maisons de luxe. Jovan Musk est ce que l’on peut appeler un parfum cheap. Son quotidien, ce sont les ragots près de la machine à café, à côté de la crème Nivea et du mascara Gemey Maybelline. Il est en même temps la preuve qu’on peut faire des choses qui ont du corps et de la personnalité sans avoir sous la main des matières d’une rareté exceptionnelle. Bien sûr, l’attente n’est pas la même, mais qu’importe.
Ce parfum a la simplicité et l’ouverture des gens faciles, avec qui on se lie sans réfléchir. Seront-ils des amis pour la vie, probablement pas, mais cela ne vous empêche pas de passer des moments grandioses. On ne fait pas d’histoires, on entre tout de suite dans le vif du sujet : le rapport est franc, direct et très intense, avec un aspect un peu passionnel. Ce n’est de toute façon pas fait pour durer, parce que c’est trop fort, et que ça va trop vite. Mais cela vous marque si intensément que vous n’oubliez jamais vraiment ces gens.
Et d’ailleurs, tout le positionnement de ce produit s’articule autour de cet aspect pulsionnel incontrôlable auquel vous succomberez en sentant le parfum : « Un parfum mystérieux qui dévoile votre pouvoir de séduction. L’attraction pure. » Difficile de faire plus explicite ! Jovan Musk témoigne d’une époque ou le mot « musc » éveillait encore dans l’esprit des gens des notions de séduction, de sensualité, voire de sexualité. En 1972, l’année de sa sortie, un parfum qui portait ce nom affichait d’emblée la couleur ! Bien que ces notions n’aient aujourd’hui pas disparu de la tête des consommateurs, elles ont évolué, et il me semble que l’idée très « phéromonale » du terme se soit légèrement éloignée depuis l’apparition du terme « muscs blancs », mais aussi depuis la surexploitation de leurs facettes propres dans les divers produits parfumés du quotidien. Le virage pris par ces matières depuis quelques temps rend le discours de la marque Jovan kitsch à en hurler de rire. La preuve par 15 ici (Prenez le temps de jeter un œil aux vidéos, ça vaut vraiment le détour) : Publicité Jovan Musk – Jungle Spot 1984, ici : Publicité Jovan Musk for Men – 1985 (écoutez bien les paroles), ou encore là : Publicité Jovan Musk – USA 1987.
Après cette mise en bouche alléchante, que dire du parfum en lui-même ? A première vue, je dirais qu’il tient bien ces promesses. Dans le cas
du féminin, il correspond exactement à un type de féminité qui ne passe jamais inaperçu : celle de la bimbo. Les muscs ici, sont un peu le silicone des seins de la jeune femme, il s’agit de sortir l’artillerie lourde. A grands renforts de bouquet floral esquissé dans les grandes lignes par des notes jasminées sympathiques, on surélève le tout avec une petite dose d’aldéhydes qui donnera une impression très nette de laque Elnett au départ. Le parfum évolue très rapidement vers une montagne infranchissable de notes extrêmement rondes et moelleuses qui évoque le soyeux d’une peau qui n’en fini pas de vous faire envie. La note poudrée animale des muscs nitrés (vraisemblablement le musc cétone, le dernier qui soit encore autorisé) conduit les impressions dans d’autres recoins dont je vous laisse le loisir d’esquisser les détails. Elle est soutenue par une aspect gourmand un peu chocolat, une touche de vanilline et de coumarine. L’effet, même s’il est lourd et un peu excessif, est efficace, on en redemanderait presque, pour rigoler, parce que c’est marrant de jouer un peu à la pouf et au beauf une fois de temps en temps.
J’ai acheté 10ml de cette huile exprès pour cette série de billets, et même si je ne délaisserai pas mon Original Musk pour celui-ci, j’ai plaisir à le porter de temps en temps, pour aller au cinéma et boire un café du dimanche, en espérant faire succomber sur le chemin tous les mâles qui en valent la peine.
Le mardi musqué – Réminiscence : Musc
14/06/11
Je dois avouer que dans ma sélection de parfums pour cette série, je n’avais introduit le Musc de Réminiscence que parce qu’il me fallait 7 parfums et que je devais pouvoir les tester sans trop de difficultés. Je ne m’étais pas doutée un seul instant que je pourrais réellement être séduite par ce parfum, et j’aurais du être plus méfiante et surtout plus lucide : la plupart des parfums musqués cachent bien leur jeu.
Le Musc de Réminiscence fait partie de ceux-là. Sans déployer l’aspect sensuel de sa composition de matière très voyante, il s’ouvre sur une note douce d’ylang-ylang, à peine soutenue de quelques notes aromatiques pour la fraîcheur. Mais le propos de ce parfum n’est pas la fraîcheur mais bien le confort. Et il traduit cette sensation à la frontière entre le gustatif-gourmand et le poudré-sensuel. Lorsque je l’ai essayé la première fois, j’ai été radicalement surprise : je pensais avoir à faire à un musc très propre, plus proche du White Musk de The Body Shop que de la note croquante et un peu sale de Dzing ! de L’Artisan Parfumeur. Or, c’est bien à Dzing ! que cet opus de Réminiscence me fait penser. Bien que ce dernier n’aille pas fouiller dans l’univers chevalin et cuiré comme le fait celui de L’Artisan, on retrouve dans les deux parfums une note gourmande d’amandes caramélisées.
Et alors que Dzing ! la fait sortir comme un coup de fouet, à l’image des effluves de chouchous qui vous assaillent lorsque vous sortez du chapiteau, Musc de Réminiscence vous prend gentiment par la main et vous emmène sur un canapé couleur crème, vous propose du thé et un sachet de friandises achetées sur le marché ce matin. Les notes amandées sont soutenues grâce à un fond poudré par les muscs et la coumarine, mais aussi ambré, dans lequel le labdanum insuffle son caractère baumé et animal. Mais ce parfum offre alors une sensualité toute en sourdine, qui semble presque s’ignorer. Il ne s’agit pas de se faire remarquer, mais tout simplement de créer une situation de confort et de plénitude.
Lorsque je tente de me représenter visuellement des odeurs poudrées ou musquées, je m’imagine souvent une sorte de mare de coussins
très moelleux, cachée au fond du jardin par une journée d’été, dans laquelle je me jetterai (au ralenti, très important), avant de m’endormir pour faire la sieste. Ce parfum résume assez bien cette sensation : l’ylang évoque la brise chaude de l’après-midi qui vous apporte les effluves suaves des fleurs peuplant le jardin, tandis que les muscs propres et poudrés (galaxolide et ambrettolide vraisemblablement) figurent ce lit de coussins moelleux dans lequel vous oubliez le poids de votre corps dans une position paresseuse.
Sorti en 1970, la même année que le célèbre Patchouli, Musc de Réminiscence a gardé un caractère universel et intemporel, et propose une note propre, ronde, mais loin d’être trop classique ou ennuyeuse, car habilement relevée par la volupté de l’ylang, le gourmand de l’amande et la chaleur du labdanum.
Guerlain : Shalimar Parfum Initial
13/03/11
Depuis la sortie de ce nouveau Guerlain, on a pu lire à droite à gauche, que Shalimar Initial était une monstruosité, un outrage fait à la mémoire de Jacques Guerlain, un énième flanker… Bref, un ratage complet, un parfum pour jeunes abruties incapables de porter autre chose que du sirop de fruits. Mais comme elles ont tout de même un portefeuille, il faut bien trouver un moyen de les attirer !
Eh bien, permettez-moi de vous dire qu’il n’en est rien. Il arrive un moment où casser du sucre sur le dos d’une marque parce que l’on aime pas ses choix en matière de ressources humaines ou en matière de stratégie financière, ça devient trop facile. Le négativisme comme philosophie de vie, personnellement, je ne trouve pas ça hyper constructif.
Shalimar Initial, quelle que soit l’origine de sa création, est à l’arrivée un parfum comme on en attendait depuis très longtemps chez Guerlain. Un parfum complexe, riche et dense, aussi sophistiqué que l’original, et surtout très Guerlain. Je ne sais pas en combien de temps ce parfum a été développé, je n’ai pas la formule sous les yeux, et franchement, je m’en fiche. Ce qui m’importe vraiment, c’est l’effet, c’est l’univers, et l’émotion qu’il procure.
Le départ étonnamment poudré par l’iris nous propulse d’entrée de jeu dans un univers raffiné et très féminin. Douceur, intimité et lumière tamisée. Une bougie parfumée brûle sur une petite table dans un coin de la pièce, un volume pris de la bibliothèque est resté ouvert sur la méridienne, quelqu’un est sorti chercher le thé. On voudrait ne pas sortir de cette ambiance rassurante, mais bientôt il sera l’heure d’aller se préparer pour la soirée, de se parer de ses atours aguicheurs et séducteurs. C’est ce que suggère le fond du parfum, qui après un coeur de rose centifolia nimbée de poudre, s’ouvre sur un accord fève tonka – vanilline des plus savoureux et des plus enjôleurs. Cet accord évoluera au fil des heures pour donner une sensation biscuitée – sablée (avec une pointe de cannelle), très gourmande certes mais loin d’être liquoreuse ou sucrailleuse. D’autant que l’aspect sensuel et animal n’a pas été oublié. Il est moins marqué que dans Shalimar, mais bien présent : une douce sensation de fourrure et de volupté ronronne calmement sur la peau et s’exprime dans le sillage, tantôt par un murmure, tantôt par un clin d’oeil.
S’il est vrai que l’appellation Shalimar Initial est ennuyeuse, du fait que les jeunes générations risquent de le confondre avec l’original, ce parfum a, quoi que l’on puisse en dire, une réelle parenté avec le premier. J’ai découvert Shalimar Initial à l’aveugle, sans indication aucune et je lui ai trouvé très aisément une relation avec son aïeul. En prenant le temps de comparer côte à côte Shalimar EDT, Shalimar Extrait (en vintage, formulation années 80) et Shalimar Initial, je suis arrivée au constat que non seulement le lien existait, mais que c’était avec l’extrait qu’il était le plus évident. Certaines choses ont bien changé, et cela personne ne le nie, mais l’effet global reste le même. L’aspect gourmand a été modernisé (replacé à son époque, Shalimar avait un vrai aspect gourmand), la note animale a été légèrement adoucie pour donner plus de place aux fleurs et à l’iris. Bien que Thierry Wasser signe seul cette composition, Shalimar Initial donne vraiment la sensation d’un travail d’équipe, un travail qui m’est apparu soucieux et respectueux de l’héritage de la maison. Rondeur, volupté, sensualité, beauté et qualité des matières premières, guerlinade et esprit Guerlain, ce parfum est un vrai Guerlain, une bouffée d’air frais dans les sorties 2011 qui restent dans l’ensemble bien mornes.
Peut-être ce parfum n’est-il pas sorti au bon moment, peut-être que son goût d’opportunisme est trop marqué, peut-être qu’il sent trop « LVMH » ou que sa publicité donne trop la sensation de déjà-vu… Je n’en sais rien. Nous nous plaignons de voir les jeunes personnes se ruer sur les fruits rouges, les jus dégoulinants, vulgaires et tape-à-l’oeil (1 Million sort de ce corps !), mais quelles sont les autres opportunités proposées par les grandes marques ? Quels sont les parfums soutenus à grand renfort publicitaire aujourd’hui ? Ces jeunes, que l’on accuse de tout les maux (ils ont bon dos les jeunes !), ont-ils vraiment le choix ? En dépit du fait que pour moi Shalimar Initial ne fasse pas si jeune que cela, je suis heureuse de voir que l’on tente de cibler cette population avec un parfum de cette qualité, qui, s’il marche, méritera amplement son succès. Et je serais bien plus heureuse de croiser une jeune femme parfumée avec Shalimar Parfum Initial plutôt qu’avec L’air de Nina Ricci ou Parlez-moi d’Amour de Galliano ! Pas vous ?
Prenez le temps de comparer les deux parfums et de vous attarder avec un peu de recul sur Shalimar Initial, pour vous faire une réelle idée du travail de qualité qui a été fait sur ce lancement.
Cliquez ici pour lire l’avis de My Blue Hour.
Van Cleef & Arpels : Midnight in Paris
30/10/10

La nouvelle coqueluche des parfumeries c’est lui. Le nouveau parfum d’homme pour les femmes, c’est lui. Le nouveau chef d’oeuvre d’Olivier Polge, c’est lui. Va-t-il détrôner Dior Homme dans le coeur de ces dames ? Menons l’enquête ensemble… La suite >
Kenzo : Eau Indigo
16/06/09
Fichtre ! Encore une flaque d’eau en flacon… ou pas. Alors que L’Eau par Kenzo nous transportait en 1996 dans un univers aquatique souple et fin, dans sa version femme autant que dans sa version homme, les deux nouveaux flankers de cette dernière ont bien du mal à nous transporter de la même manière. Ces eaux n’ont rien de rafraîchissant et sont un exemple assez criant d’une belle incohérance sur le concept.
Depuis le succès incontestable de Flower By Kenzo sorti en 2000, la marque tente de se construire un univers et une image dans la lignée de ce parfum : cotonneux, enveloppant, rassurant, affectueux et hospitalier… Cela m’évoque une sorte de régression vers le sein maternel, un retour vers l’époque bénie ou nous ne vivions que de talc, de lait de toilette, de pyjama de coton et de peau douce de maman. Certes, cette analyse ne marche vraiment que pour la ligne femme de la maison. Car, à l’inverse, il me semble que les parfums homme de Kenzo même s’ils tournent, à peu de chose près, tous autour du gingembre et du vétiver, on du mal à se trouver une place parmi les concurrents et même au sein de la marque. Finalement, les créations pour femmes finissent toujours par prendre la même direction, un départ un peu lourd qui s’étire fatalement vers un fond poudré-crémeux. Quitte à perdre le patrimoine créé autour d’un parfum pré-Flower… C’est le cas ici avec L’eau Indigo qui plonge parfaitement dans ce cliché « cocooning » en tout cas pour la version femme.
L’eau Indigo pour Femme développe les notes de bergamote, mandarine, jasmin, fleur d’oranger, ylang-ylang, fève tonka et ambre. Le départ est très agréable, mais entre d’emblée dans une dimension cosmétique de crème pour bébé. La note poudrée et crémeuse ne cessera de s’intensifier au fur et à mesure de l’évolution. Le coeur poursuit la dimension cosmétique mais sur un terrain assez surprenant de savon et de mousse à raser, à tel point que le parfum finit par m’évoquer Le Mâle. Et puis brusquement, la chute survient, la mousse à raser se fait plus discrète et le fond laisse place à un fini poudré et propre de crème pour le corps. Au bout du compte, même si le parfum est agréable, on s’ennuie à mourir, on retrouve une énième fois des sensations déja explorées qui n’évoquent plus grand chose tellement elles ont été martelées. Il faut aussi préciser que je suis totalement partiale vis à vis des imitations cosmétiques qui n’ont rien à faire en parfumerie fine à mon goût, sauf quand elles sont maniées avec audace bien sûr. Malheureusement ici je n’ai pas d’autre sentiment qu’une impression de copier-coller bête et méchant qui transpire la facilité.
La version homme pourrait donner l’illusion d’une réussite, mais ça ne restera bien qu’une illusion. C’est surtout qu’à le sentir à côté de son pendant féminin, on a tout de même moins la sensation d’une arnaque caractérisée. Les notes développées sont (un peu comme prévu) : citron, gingembre, élémi, coriandre, vétiver, cèdre, ambre, ciste labdanum, et fève tonka. Que du beau monde ! Là encore, le départ est réussi, très citronné, pinçant, un peu piquant et pour le coup rafraîchissant grâce à un air lointain d’Eau de Cologne. On est déjà plus dans le registre de « l’eau ». L’entrée en matière est très agréable donc et redonne le sourire. Mais le sourire s’éteint très vite, car le coeur est anormalement sec et agressif comme une rafale de vent, sèche et pleine de poussière. Le gingembre pique et n’apporte plus de fraîcheur, l’ensemble se fait dissonnant. Les bois entrent en scène relativement tôt et l’évolution s’arrêtera là. Un poussée de départ trop rapide qui se clôt sur un boisé-propret.
Rien de bien folichon donc, pour ces flankers qui viennent alourdir les linéaires déjà surchargés. J’ai en outre trouvé que l’univers olfactif des deux parfums s’accordait assez mal avec la période de l’année, même s’ils sont présentés comme des parfums du soir.








