Un parfum vert prairie et saisissant comme l’eau fraîche d’un ruisseau de montagne. C’est Cristalle de Chanel. Créé en 1974 par Henri Robert en Eau de Toilette, il a été repris 20 ans plus tard par Jaques Polge qui a créé la version Eau de Parfum. Cristalle est riant, un coup de fouet fleuri qui claque, aussi impressionnant que la nature à l’arrivée du printemps, qui se met à verdir de toutes ses forces. Il sent la tige verte de la jonquille et est aussi transparent que l’air après la pluie. C’est un parfum particulier, en effet très vert, de ceux que l’on a perdu l’habitude de sentir avec la tendance actuelle. J’ai pris plaisir à le découvrir et à le suivre évoluer sur ma peau. Il correspond à une envie de saison, un parfum moins chaud que ceux de l’hiver, qui sente le printemps sans être non plus une eau légère. Il fait penser à de l’eau mais n’est pas du tout aqueux, n’a pas de note « mouillée » proprement dite, mais une impression de transparence tonifiante.
Le départ est vert crissant à cause du galbanum, c’est d’ailleurs le même départ que le N°19, un parfum vert lui aussi. Puis il se déplace vers une chute de fleurs fraîche : jacinthe, chèvrefeuille, jonquille, jasmin, ylang-ylang, pour rebondir sur la mousse de chêne et les racines du vétiver. Cristalle développe l’accord chypré de base (mousse de chêne, patchouli, labdanum, bergamote…) et l’entoure de fleurs. L’ensemble fait très spontané et sincère, il est sophistiqué juste ce qu’il faut pour être élégant mais sobre. Je sens sur ma peau surtout la jonquille et la jacinthe, j’aime particulièrement cet accord qui me fait vraiment penser à une fleur sentie en plein air. La jonquille dont on parle ici et qui est utilisée en parfumerie est un narcisse de la famille des Amarillydacées. Cristalle est le premier parfum vert que je découvre qui sente autre chose que le bambou.
Ce parfum donne réellement envie d’être porté. Pour une jeune fille, il est bien plus attractif et adapté que le N°5, qui est tout de même assez chargé. Mais une femme plus âgée, l’apréciera justement pour son allure jeune et sa teinte verte pleine d’espoir : le vert est la couleur de l’espérance. Il convient à une humeur joyeuse et enjouée, mais il redonnera le sourire les jours de pluie, et donnera de la vitalité les matins difficiles (dont je suis une championne). Plus que d’autres, c’est un parfum que l’on a envie de vaporiser en brume pour qu’il se dépose sur la peau comme la rosée. Le vaporisateur rectangulaire de Chanel est tout à fait adapté pour cela, il diffuse un large jet de goutelettes très fines qui humectent délicatement la peau… Prendre garde cependant à ne pas en avaler, il sent très bon, mais a très mauvais goût!

Sources : Chanel, OsmoZ, Wikipedia